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EDITORIAL
L' appel solennel de trois grandes organisations
de
journalistes en faveur de Khaled Drareni
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UPF, FIJ et RSF lancent un appel aux autorités
algériennes à libérer immédiatement et sans conditions le journaliste
Khaled Drareni.
Privé de liberté depuis le 29 mars 2020, le journaliste
indépendant Khalid Drareni – correspondant de RSF et représentant de
l’UPF en Algérie – s’est vu refuser, le 27 mai dernier par la justice
algérienne, sa demande de mise en liberté.
Pour avoir revendiqué courageusement son droit d’exercer
librement son métier de journaliste, pour avoir osé poursuivre,
malgré les intimidations multiples des autorités algériennes, la
couverture en toute transparence du hirak qui secoue le pays depuis
des mois, Khaled Drareni a été jeté en prison le 29 mars 2020, au
plus fort de la pandémie du Covid19.
Il est accusé
d’incitation à "attroupement non-armé" et d'"atteinte
à l’unité nationale". Des charges très lourdes pour
un journaliste dont le seul crime est de faire honnêtement son
métier. Ni l’appel du père de Khaled, grand combattant pour la
libération de l’Algérie, qui vit très mal l’accusation de son propre
fils d’atteinte à l’unité de son pays, ni les appels des confrères en
Algérie et dans le monde n’ont eu raison de la détermination et
l’acharnement des autorités judiciaires à l’encontre du journaliste.
« L’injustice
que subit mon fils est d’autant plus insupportable qu’elle
s’accompagne d’une campagne odieuse qui est orchestrée contre lui
pour mettre en doute son patriotisme. C’est indigne, c’est ignoble »,
écrivait, le 31 mars dernier le père de Khaled Drareni dans une
lettre adressée au président algérien, Abdelmadjid Tebboune.
Le sort du
journaliste Khaled Drareni, jeté injustement en prison, ne doit
laisser personne indifférent. Son incarcération scandaleuse est un
coup porté à la liberté de la presse.
La
Fédération internationale des journalistes (FIJ), Reporters sans
frontières (RSF) et l’Union internationale de la Presse francophone
(UPF) appellent d’une même voix les autorités algériennes à
libérer immédiatement et sans conditions Khaled Drareni.
Les trois
organisations professionnelles internationale joignent leurs efforts
et sonnent la mobilisation de leurs membres jusqu’à ce que justice
soit rendue et que notre confrère puisse retrouver sa liberté et son
droit à exercer en toute indépendance son métier de
journaliste.
Anthony BELLANGER,
secrétaire général de la FIJ
Christophe
DELOIRE, secrétaire général de Reporters sans frontières
Zara
NAZARIAN, secrétaire générale de l’UPF
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Report des
49e Assises de la presse francophone
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La pandémie du COVID-19, représentant une crise
sanitaire planétaire, touche tous les domaines de la vie publique.
Le fonctionnement des institutions et les grands projets
internationaux ne peuvent échapper à cette réalité.
Ainsi, le bureau international de l’UPF, réuni en visioconférence le
Jeudi 21 mai 2020, a décidé le report des 49èmes
Assises internationales de la Presse francophone, initialement
prévues
les
7-10 décembre 2020, en Tunisie.
Une décision entérinée par le comité international de l’UPF.
Cette décision est prise dans le contexte où le prochain Sommet des
Chefs d’Etats et de gouvernements de la Francophonie
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est
reporté en raison de « la crise
sanitaire » pour se tenir en 2021, toujours en Tunisie.
L’UPF internationale, qui
tient à perpétuer la tradition d’organiser ses Assises, tous les deux
ans, dans le pays abritant Sommet des Chefs d’Etats et de
gouvernements de la Francophonie, a suivi en toute logique ce
changement.
Cette décision est également dictée par
le souci d’assurer l’organisation logistique optimale de l’événement
et de permettre le déplacement en toute sécurité des participants. La
situation sanitaire internationale, tout comme les aléas des
transports aériens entre les pays, ne permettent pas, dans un avenir
immédiat, la tenue d’une réunion internationale.
La date et le lieu précis des 49èmes
Assises internationales de la Presse francophone seront communiqués
ultérieurement.
Le mandat du bureau international actuel
se trouve ainsi prolongé jusqu’à la tenue d’une Assemblée générale
élective.
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UPF-TOGO
questionne les décideurs sur leur rapport aux médias
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Quel regard
portent les décideurs du pays sur la presse togolaise ? C’est la
question que la section togolaise de l’UPF a relevé à l’occasion de
la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse. Les
décideurs ont joué le jeu. Dans la vidéo réalisée par l’UPF-Togo,
présidents d’institutions, ministres, maires, et acteurs politiques
ont donné leur avis.
Des avis partagés. Même conviction chez Brigitte Adjamagbo-Johnson,
Secrétaire générale
« Il faut qu’elle soit celle qui appuie sur le
levier d’équilibre, qui apporte l’éveil et la capacité d’analyser.
C’est une culture permanente, on gagne de petits espaces. Parfois,
elle a des avancées mais aussi malheureusement des reculs, mais ce
qu’il faut retenir, c’est la volonté de toujours progresser », a
déclaré Florence Kouigan, Maire de Lomé. Et d’ajouter : « La presse
est le ferment de tout cet édifice qu’on essaie de construire. Si le
ferment n’est pas bon, la pâte ne lève pas et la qualité du pain s’en
ressent. On ne se perfectionne qu’en s’informant et qu’en se formant.
C’est d’abord une démarche volontaire».
Pour le ministre en charge de la Communication, Foli Bazi Katari, la
presse est le quatrième pouvoir et il faut lui accorder une place
d’une importance capitale.
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de la
Convention démocratique des peuples africains (CDPA). A en croire la
responsable de la Kpodzro, la presse a toujours « accompagné le
mouvement de démocratisation du pays ».
« Les journalistes ne doivent pas jouer le jeu de ceux qui sont par
essence des prédateurs », souligne, pour sa part,
Adjamagbo-Johnson. Pour le ministre de la communication Katari
Foli Bazi : « Quand on manipule quelque chose et qu’on n’a pas une
idée de l’importance de la chose qu’on manipule, on est un tueur ».
Le président de la Cour Suprême, Akakpovi Gamatho, quant à lui,
plaide pour un accompagnement des médias. Le président de la Haute
autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) Pitalounani
Telou, lui, conseille les journalistes d’éviter les jeux sulfureux
des politiques
« Que la presse et les médias évitent de tendre toujours
la main aux politiques. Il faut qu’on ait de grands groupes de
presse. Cela permettrait que les médias soient beaucoup plus viables
», a noté le président de la HAAC.
Selon le président de l’UPF-Togo Loïc Lawson, la vidéo devait être
diffusée samedi 30 mai 2020 au cours de « la Nuit de la Presse ». Une
façon de confronter les journalistes au regard qui est porté sur eux.
Mais en raison des mesures sanitaires liées au Covid-19, la rencontre
a été annulée. La vidéo est largement relayée par les réseaux
sociaux.
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RDC : Passe d'armes entre journalistes et
autorités
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Avril et mai sont les
deux derniers mois de l’année les plus chauds et les plus pluvieux en
RDC. Ces deux mois ont été encore plus chauds pour les journalistes
congolais. L’UPF-RDC a pu constater une montée de contestation et de
plaintes des professionnels à l’encontre des autorités provinciales
les soupçonnant de restreindre leur liberté d’exercer.
Ainsi, la Radiotélévision Nationale Congolaise
(chaîne publique) annonce,
le 26 mai 2020, « l’interdiction de diffusion jusqu’à nouvel
ordre » des émissions des quatre radios ( Radio Mongala, La Voix de
Bumba, Radio rurale de Bumba, Radio Mwana Mboka ), citant un
communiqué signé par le gouverneur et le président de l’Assemblée
provinciale de la Mongala ( nord-ouest de la RDC ). Dans la foulée,
des journalistes et des animateurs de plusieurs émissions sont
suspendus et poursuivis en justice pour « propos outrageants
et dégradants à l’endroit des autorités locales, incitation à la
haine tribale et outrages aux bonnes mœurs ».
Le 25
mai 2020, le journaliste Apollinaire Ngandu de Radio Lusambo, dans le
Sankuru( centre du pays ), a été, selon l’Observatoire de la liberté
de la presse en Afrique ( OLPA ), interpellé pour notamment
« avoir effectué un reportage sans autorisation préalable des
autorités administratives ». La même association répertorie
l’arrestation, le 9 mai, de Faustin Mbiya Kabeya, de la Radio
Fondation Daniel Madimba de Mbuji-mayi, dans le Kasai Oriental, pour
« violation des mesures d’état d’urgence sanitaire ». Le
journaliste revenait d’un reportage en dehors de la ville. Il a été
détenu pendant quatre jours et libéré le 13 mai après paiement d’une
caution de 300 000 francs congolais (environ 150 euros).
Deux
autres journalistes de la même station de radio, Serge Kabeya et
Jean-Baptiste Kabeya, venant, eux aussi,
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d’une cité proche de la
ville de Mbuji-mayi, ont subi, le 8 mai, des tracasseries à l’entrée
du chef-lieu de la province.
Trois journalistes
-Israël Mutombo de Congo Web TV, Yves Buya de C-News et Edouard Izuba
de L’objectif.net-, poursuivis, entre le 14 et le 24 avril 2020, par
l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa pour « diffamation »,
ont vu la plainte déposée contre eux « retirée » après
négociation avec l’Union nationale de la presse du Congo. Ils
pourraient être jugés par le tribunal des pairs.
Le plus violenté a été le
journaliste Macaire Makinisi de Radiotélévision Venus de Kikwit, dans
la province du Kwilu ( ouest de la RDC ). Le Club des journalistes de
kikwit pour les droits humains rapporte, dans son rapport d’activités
de mars-avril 2020, que le confrère a été agressé, fin avril, par des
inconnus mécontents de la diffusion de son reportage sur la
délinquance juvénile.
Les associations de
défense de la liberté de la presse demandent aux détenteurs du
pouvoir à tous les niveaux de respecter les règles de droit quels que
soient les griefs retenus contre les journalistes. Certaines
autorités provinciales reprochent aux médias en question de ne voir
que la moitié du verre vide dans tout ce qu’elles font.
Si les journalistes sont
tenus de privilégier l’approche professionnelle rigoureuse, il est
utile de leur reconnaitre le droit à l’exercice libre de leur métier.
Jean-Marie MUSUSA K.
Président de l’UPF-RDC
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UPF-Monaco : Les activités reprennent
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Monaco,
ce n’est pas la France. L’épidémie en a apporté une preuve.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Monaco n’a pas fait
comme la France face au coronavirus. Un confinement moins strict et
plus court et un déconfinement curieusement plus prudent au
niveau des bars et restaurants. En ce qui concerne la presse, elle a
été régulièrement informée et libre de travailler.
Conformément au principe retenu par les autorités sanitaires
monégasques, seuls les patients fortement symptomatiques au
Covid-19 sont hospitalisés. Les personnes présentant peu de
symptômes sont invitées à se confiner à domicile
Des points presses ont été régulièrement
organisés par vidéo conférence ou les ministres concernés répondaient
aux questions des journalistes.
Les journalistes ont reçu des communiqués réguliers sur les
travaux du comité mixte de suivi. Ce dernier a été initié par le
Prince à la demande des élus du parlement (conseil national).
Des élus pour une fois unanime dans leurs demandes toutes tendances
confondues derrière le président du parlement.
Cela a permis une distribution précoce de masques à la population
suivi de tests pour tous les résidents puis les salariés dont nombreux
venant de France
et d’Italie. Au 2 juin, date de réouverture des bars et restaurants,
le bilan sanitaire de la Principauté s’élevait à 99 personnes
touchées par le coronavirus sur une population résidente de 38.000
personnes.
Le total de personnes guéries s’élevait à 90. On déplore 4
décès. Une seule personne était toujours hospitalisée. Elle
séjourne en réanimation à l’hôpital. Il convient de noter que les
personnes testées et hospitalisées ne sont pas toutes résidentes en
Principauté, tout en étant suivies médicalement.
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À ce jour, 2
patients sont pris en charge par le Centre de Suivi à Domicile.
A la même date, 16.200 personnes ont été dépistées, soit 43% de la
population.
A cela, il convient d’ajouter les tests réalisés sur les populations
dites "captives" (Sûreté Publique, Pompiers, Carabiniers,
Direction de l’Education Nationale) testées par ailleurs et non
encore comptabilisées dans les statistiques pour ceux qui résident à
Monaco.
Le premier enseignement de cette campagne de tests est que 2,7% des
tests sérologique se sont révélés positifs.
Sur le plan économique le soutien Gouvernemental aux entreprises a
été massif, mais les activités touristiques, l’événementiel et les
congrès d’affaires ont beaucoup soufferts. La reprise cet été est un
véritable défi. Monaco va tout faire pour préserver son modèle
économique et social ainsi que sa prospérité.
La bataille de l’attractivité passe par la sécurité sanitaire dans un
pays ou le Prince a été le premier chef d’Etat contaminé et guéri. Le
ministre d’Etat (premier ministre) Serge Telle a été touché par le
virus avant le souverain, guéri lui aussi. Il a piloté l’action
gouvernementale. Il doit quitter ses fonctions fin aout pour être
remplacé par l’ancien préfet français de la région PACA, Pierre Dartout.
En espérant que d’ici là une normalité retrouvée permette ce
changement de gouvernement dont la lourde tâche sera de faire face à
l’inévitable dégradation économique.
Un gouvernement qui sera contacté par notre association pour obtenir
son soutien dans notre action pour le rôle de la presse à Monaco et
sa liberté dans le monde francophone.
Nous le ferons en présentant nos nouveaux statuts validés et
conformes aux dernières décisions du bureau international de l’UPF.
Déconfiné donc et prêt à une reprise pour encore plus de visibilité
et d’efficacité de notre association.
Le président de l’UPF Monaco,
Patrice Zehr
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UPF-Togo attristée par la mort
de
François KOAMI
Un deuil cruel vient encore de frapper notre corporation. C’est
avec consternation et regret que l’UPF-Togo a appris la perte
qu’elle vient d’éprouver en la personne de François KOAMI, un
journaliste engagé. La mort de François Koami AMEGNIGNON survenu
jeudi 4 juin 2020 des suites d’une maladie, est venue rallonger une
liste déjà très longue des professionnels des médias disparus en
l’espace d’une année au Togo. Ce décès vient s’ajouter
malheureusement à ceux des confrères Dominique Aliziou et de
Holonou.
L'UPF-Togo salut la mémoire de l’illustre disparu et compatit aux
douleurs de la famille et des proches éplorés. Elle invite les uns
et les autres à le porter dans la prière pour le repos en paix de
son âme.
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La chronique de Pierre Ganz :
Interviews d'opinion
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Le
journalisme d’opinion est traditionnellement opposé au journalisme
d’information. Le premier revendique de présenter les faits en
fonction des idées, des jugements et des croyances partagées avec son
public; le second affirme se dégager de tout a priori idéologique,
philosophique ou religieux pour exposer ces faits. Le principal
reproche adressé aujourd’hui aux médias est de perdre de vue cette
distinction, de faire du journalisme d’opinion sans le dire. Deux
exemples récents illustrent ce débat.
Le premier est
français. Le tout nouveau Conseil de déontologie journalistique et de
médiation (dont l’UPF est membre) a publié en mai ses trois premiers
avis*. Il a considéré dans l’un d’eux qu’une journaliste de BFM TV
n’avait pas respecté la règle déontologique qui pose qu’un
journaliste «s’interdit les accusations sans fondements». A
l’issu d’un interview en direct de l’avocat d’un homme soupçonné
d’avoir diffusé des vidéos intimes d’un candidat à la maire de Paris,
Apolline de Malherbe avait en effet ajouté : « plus on
vous entend et plus on se demande si Piotr Pavlenski n’est pas que
l’exécutant et vous le manipulateur ». Elle exprimait là
plus une opinion personnelle qu’un commentaire ou une critique.
Le second exemple vient du Royaume Uni. En ouverture de l’émission
d’information vespérale de la chaîne BBC 2, Newsnight,
sa présentatrice est revenue sur l’attitude du gouvernement de Boris
Johnson dans la défense de son conseiller Dominic Cummings, qui n’a
pas respecté les consignes de confinement imposées à tous les
britanniques. Emily Maitlis a notamment jugé « choquant
que le gouvernement ne puisse pas constater » que Dominic
Cummings avait « enfreint les règles »,
ajoutant « plus les ministres et le Premier ministre nous diront
qu'il a travaillé avec eux, plus la réaction à ce scandale risque
d'être furieuse”.
La direction de la BBC a estimé dans un communiqué que ces propos
« ne
répondaient pas à nos normes d'impartialité » et précisé
que les « lignes directrices éditoriales nous
permettent de porter des jugements professionnels, mais pas
d'exprimer une opinion.
La
ligne de démarcation peut être fine, mais nous voulons le dire si
nous pensons que nous avons dépassé les limites".
Les lignes de démarcations sont en effet tenues, mais il semble bien
que la télévision fasse oublier à certains la distinction entre
journalisme d’opinion et journalisme d’information.
Certes, un
présentateur de journal télévisé n’est pas une machine qui débite
verbe sujet complément d’un ton mécanique. Mais ses opinions politiques
n’ont pas à être connues. Tout ce qui les trahit doit être rayé de
ses lancements.
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Certes,
une interview n’est pas une aimable conversation. Les questions que
pose un journaliste visent à faire surgir des faits, des points de
vue, des analyses. Elles ne ménagent pas l’interlocuteur, lui
soumettant des avis ou des faits qui contredisent ses propos, dans le
seul but de mieux éclairer le public.
Mais le journaliste ne doit pas confondre contradiction et attitude
oppositionnelle, sauf s’il a choisi lui-même de défendre une opinion.
Or les télévisions, celles du service public comme les chaines
privées, affirment ne faire que du journalisme d’information dans
leurs journaux, magazines et interviews. Force est de constater que
ce n’est pas toujours le cas. Au-delà de la personnalité, du style,
de la façon d’aborder ses invités de chaque intervieweur, les
positionnements d’opinion ne manquent pas.
Des pratiques incompatibles avec le respect de la déontologie du
journalisme s’installent : confusion entre exposé des faits et
commentaires, interruptions répétées des interlocuteurs, a priori sur
ce qu’on veut leur faire dire au détriment de ce qu’ils disent.
L’ancien magistrat français Philippe Bilger stigmatise sur son blog
des «questions portant dans
leur formulation la condamnation de la réponse à venir» et
le «ton
justicier et comminatoire qui permet à bon compte au journalisme
d'avoir bonne conscience et d'être salué»**.
Le journaliste et syndicaliste français Olivier Cimpello parle à
juste titre «d’interview d'opinion».
L’épidémie «d’interviews d'opinion» gagne, même si tous n’y
succombent pas. Roger Mosey, ancien directeur de la rédaction télé de
la BBC, avance une explication***. Pour lui, les télévisions ont
activement encouragé leurs personnels d’antenne à s'engager sur les
médias sociaux et à montrer leur personnalité. Cette personnalisation
a permis de gagner de l’audience sur ces réseaux sociaux. Elle a
offert un surcroit de la notoriété aux journalistes. Mais elle a
renforcé la tendance à la personnalisation des prestations à
l’antenne, passant de la recherche d’un style à l’expression de ses
opinions. Sans doute. Mais on ne peut écarter pour expliquer ces
dérives un militantisme plus ou moins conscient chez certains, une
sorte d’arrogance que confine à l’hubris chez d’autres, et, dans les
deux cas, une perte des repères professionnels.
Pierre Ganz
* https://cdjm.org/avis/
**/https://www.philippebilger.com/blog/2020/05/my-entry.html
***https://www.newstatesman.com/politics/media/
2020/05/bbc-failing-its-journalists-lack-clear-direction
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La chronique de Jean-Claude Allanic :
Du sexe d'un virus
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Ce coronavirus ne nous
aura rien épargné. On croyait que s’en était un alors que s’en était
une. Par la grâce de l’académie française, le covid 19 est devenue la
covid 19. Encore plus fort que le parlement britannique qui prétend
avoir tous les pouvoirs, sauf celui de transformer un homme en femme
et vice versa. Que mes ami(e)s transgenres me pardonnent mais il y a
de quoi perdre son latin, en l’occurrence son français.
Par quel miracle donc, ce virus qui s’en est
pris à l’avenir de l’homme, s’est vu attribuer la douceur d’un accord
féminin ? Les zélatrices de « MeToo » n’y sont pour rien. Les
explications des immortelles et immortels du quai Conti sont d’une
logique imparable. Tant qu’on parlait du coronavirus, c’est-à-dire
d’un virus (même « en forme de couronne »), le masculin s’imposait.
Tout s’est compliqué avec l’apparition de la nouvelle dénomination de
covid 19 car il s’agit là d’un acronyme pour « corona virus disease
». Et, comme chacun sait, dans le cas d’un syntagme (vous suivez
toujours ? ) , c’est le noyau de ce groupe de mots qui détermine le
genre. Exemples : on dit la CIA non pas parce que c‘est
l’intelligence qui la caractérise mais du fait que c‘est une « agence
» et on dit le FBI parce que l’important, c’est le groupe « bureau
fédéral » et non l’investigation. Donc, « disease » étant une
maladie, le la l’emporte sur le le. Ce n’est pas beau la science des
mots ?
Mais pourquoi covid 19
? Comme avec les ouragans, il faut bien donner un nom aux virus qui
se suivent si on veut s’y retrouver. Après le SRAS, la grippe
asiatique, la grippe de Hong Kong, le H1N1, la grippe aviaire, l’OMS,
composé de médecins diplomates et de diplomates médecins, s’est donc
penché sur la question avec sérieux et diplomatie.
Il fallait surtout éviter de stigmatiser un pays , certaines
populations et même certaines espèces d’animaux.
Pas question de parler du virus du pangolin, encore moins du virus de
Wuhan et encore encore moins du virus chinois. Les académiciens de
l’OMS se sont ralliés au CO (rona) + VI (rus) + D (isease) = COVID ,
19 car apparue en 2019 !
Cette ou ce covid (à
chacun selon sa préférence sexuelle) aura, au moins, enrichi notre
français de mots nouveaux plus ou moins heureux. Nous avons ainsi
appris à nous confiner ; ce qui en a déconfit plus d’un.
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Puis nous nous sommes
plus ou moins « déconfinés ».
La pandémie laissera
des traces, pas seulement dans notre vocabulaire. Certains en ont
profité pour mettre en route une génération de « corona boomers »,
les futurs « coronials ».
Occupés à de plus
nobles tâches, nos fonctionnaires de la francophonie ont pondu des
pages et des pages de normes, de consignes, d’attestations, jonglant
avec des motifs aussi impérieux qu’imprécis, accumulant les
dérogations, par exemple, pour des « déplacements insusceptibles
d’être différés ».
Les gestes barrières
sont devenus nos nouvelles frontières. Oubliant que l’homme est un
animal social, comme le disait le regretté Aristote, on a prétendu
nous imposer une « distanciation sociale » alors qu’on aurait pu se
contenter d’une distance physique (scientifiquement délimitée à un
mètre dans certains pays, et tout aussi scientifiquement à deux mètres
dans d’autres ou encore à un mètre et demi ailleurs).
Quant aux plages,
elles sont devenues « dynamiques » ; se mettraient-elles en mouvement
au gré des marées montantes et descendantes ?
Du côté des
gouvernants, on a plus que jamais pratiqué l’art des « éléments de
langage ». Qu’on se le dise : il n’y a jamais eu de ruptures dans
l’approvisionnement des masques ou des tests mais des « tensions » !
Et, plus que jamais, les uns comme les autres ont excellé dans l’art
d’ouvrir les parapluies en se réfugiant derrière les savoirs
incertains des virologues.
En même temps, nous
avons progressé dans nos connaissances médicales. A force d’applaudir
et d’écouter nos « soignants », nous savons tout ou presque tout sur
les cas « asymptomatiques », le taux de reproduction R0 d’un virus,
la présence d’anticorps dans nos corps ainsi que sur les bienfaits
prouvés et les dangers tout aussi prouvés de la chloroquine et de
l’hydroxychloroquine. Mais, étrangement, contrairement aux médias
africains, la presse française (à l’exception de France 24) a fait
l’impasse sur les vertus supposées ou réelles de l’Artémisia, cette
plante de Madagascar qui pourrait nous guérir. Les voies de
l’information sont parfois impénétrables.
Mais, consolons-nous :
la(le) covid aura, finalement, enrichi notre langue.
Jean Claude Allanic
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Le
journaliste béninois Ignasse Sossu
écope de 6 mois de prison ferme
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La Cour d’appel de
Cotonou a rendu son verdict dans l’affaire du journaliste
d’investigation Ignace Sossou. Il est condamné à 12 mois de prison,
dont six mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 francs
CFA.
L’audience a été extrêmement courte, elle a duré tout juste deux
minutes, et la Cour a infirmé la condamnation de 18 mois de prison
ferme prononcée le 24 décembre 2019 pour cyber-harcèlement. Ce
jugement faisait suite à une plainte du procureur de la République
qui a jugé que le journaliste avait déformé ses propos dans trois
tweets publiés lors d’un atelier organisé par CFI sur l’intox dans
l’information. Six mois ferme et six mois avec sursis, ainsi se
résume donc le jugement rendu le 19 mai peu avant 10 heures du matin.
"Acharnement
judiciaire"
Ignace
Sossou travaille pour le média en ligne Bénin web TV et
collabore avec plusieurs collectifs comme le Consortium international
des journalistes d'investigation (ICIJ) et le Réseau 3i
(Initiative, Impact, Investigation).
Il a déjà fait l'objet d'une condamnation récente
par un tribunal béninois à une peine de prison avec sursis pour "publication de
fausses nouvelles"
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après des révélations sur des comptes offshores et des
sociétés écran visant des hommes d'affaires béninois et français.
Le président Patrice Talon, élu en avril 2016, est
régulièrement accusé d'avoir opéré un virage autoritaire dans ce pays
habituellement salué pour le dynamisme de sa démocratie. La
quasi-totalité de ses principaux opposants vivent actuellement à
l'étranger, visés par des affaires judiciaires au Bénin.
CFI, dont une lettre a servi à l'accusation avant
d'être déclarée nulle parce qu'elle n'avait pas "suivi la
procédure de validation interne", a souligné
que "le jugement rendu en première instance n’en demeure
pas moins incompréhensible (...)". "Si CFI
considère que cette remise de peine est une avancée pour la
libération du journaliste, seule la relaxe d’Ignace Sossou et sa
remise en liberté immédiate auraient été une issue recevable", a
estimé Alan Dréanic, directeur général adjoint de CFI dans un
communiqué.
Sources : RFI & France info
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Des journalistes visés
lors des manifestations
aux Etats-Unis
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Des journalistes ont été
pris à partie dans plusieurs villes des États-Unis lors des
manifestations de ces derniers jours en réaction à la mort de George
Floyd, par police et manifestants, agressés, arrêtés ou ciblés par
des tirs.
La scène la plus médiatisée reste celle de
l’interpellation du reporter de CNN Omar Jimenez, menotté par des
policiers en plein direct à Minneapolis vendredi matin, avant d’être
relâché, une heure plus tard.
Mais plusieurs autres incidents ont eu lieu dans le
pays, notamment à Louisville, dans le Kentucky, où un policier
antiémeute a tiré des cartouches lacrymogènes sur une équipe de
télévision locale qui le filmait.
« On me tire dessus ! » a crié, à l’antenne, Kaitlin
Rust, de la chaîne locale WAVE 3.
À Minneapolis, une journaliste pigiste, Linda Tirado, a
reçu une balle en caoutchouc au visage et indiqué avoir
définitivement perdu l’usage de son œil.
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« Les autorités (locales)
doivent ordonner à leurs forces de police de ne pas prendre des
journalistes pour cible », a exhorté samedi soir le Comité de
protection des journalistes (CPJ).
Des membres des médias ont également été attaqués par
des manifestants, comme le photographe Ian Smith, qui a affirmé avoir
été passé à tabac à Pittsburgh avant que d’autres manifestants ne
s’interposent.
À Atlanta, le siège de la chaîne d’information CNN a été
attaqué vendredi par un groupe de plusieurs dizaines de personnes,
qui ont notamment envoyé une grenade détonante dans le hall où se
trouvaient des policiers.
Samedi matin, un journaliste de la chaîne d’information
Fox News qui se trouvait devant la Maison-Blanche a été chassé par
des manifestants, et poursuivi sur plusieurs centaines de mètres,
avant que la police ne disperse les assaillants.
« Si vous êtes manifestants, faites ce qui vous semble
juste, mais ne nous empêchez pas de faire notre travail pour le
public », a demandé samedi la Société des journalistes professionnels
(SPJ).
Le président américain Donald Trump a lui retweeté un
message expliquant: « Ironie du sort, le siège de CNN est attaqué par
des émeutiers que (la chaîne) a présenté comme nobles et justes.
Oops. »
Depuis son élection, le chef de l’État s’en prend
régulièrement aux médias, accusés de déformer la vérité, voire de fabriquer
de fausses informations dans le but de lui nuire.
Il les a régulièrement qualifiés d’« ennemis du peuple
», avec une mention particulière à CNN, sa cible favorite.
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Algérie : la liberté de la presse mise en confinement
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Observant
la détention de journalistes et la censure de médias en ligne,
les défenseurs des droits de l'homme s'inquiètent de la liberté de la
presse et d'expression.
« Il n'est pas normal que des journalistes soient
en prison. Il y a eu une révolution [NDLR : le hirak] pour
un État de droit et des libertés, dont la liberté d'expression, mais
le système politique poursuit des journalistes qui ont une ligne
éditoriale qui déplaît », déplore l'avocat Mustapha Bouchachi.
Voilà qui explique que pour nombre de défenseurs des droits de
l'homme la liberté de la presse et d'expression se dégrade en
Algérie, sur fond de suspension du mouvement populaire (hirak)
anti-régime et de crise sanitaire, avec des journalistes en détention
et la censure de médias en ligne.
Des journalistes emprisonnés
À l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la
presse plusieurs ONG et partis ont exhorté les autorités algériennes
à mettre fin aux poursuites judiciaires et à libérer les journalistes
emprisonnés, dont Khaled Drareni, devenu à son corps défendant
symbole du combat pour la liberté de la presse. « À un moment où
tous les regards, au niveau national et international, scrutent la
gestion de la pandémie de Covid-19, les autorités algériennes
consacrent du temps à accélérer les poursuites et les procès contre
des militants, des journalistes et des partisans du mouvement du
hirak », a déclaré jeudi Heba Morayef, directrice d'Amnesty
International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
Des médias harcelés
Les défenseurs de la liberté d'expression dénoncent
également le « harcèlement ciblé des médias indépendants »,
dont certains sont accusés par les autorités d'être financés par des
« organisations étrangères ». Trois médias en ligne
algériens, actifs dans la couverture du hirak, ont été la cible de
censure : deux sites du groupe Interface Médias, Maghreb
Émergent et la radio Web Radio M, et le site d'information
généraliste Interlignes. « Des journalistes et des militants
pour la démocratie sont enfermés sous des motifs aussi divers et
variés alors qu'en réalité, c'est juste l'expression d'opinions
pacifiques qui leur vaut châtiment », souligne jeudi le
journaliste Akram Belkaïd, dans sa chronique au Quotidien
d'Oran, journal francophone indépendant. « Ces
initiatives liberticides relèvent du même objectif qui est de faire
taire les Algériens et de leur signifier que les cinquante-six
semaines du hirak n'étaient qu'une parenthèse », estime-t-il.
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Me Mustapha Bouchachi, avocat
Volonté d'étouffer le hirak dans le sillon du Covid-19
Soulèvement pluriel et pacifique, le hirak, qui a éclaté
le 22 février 2019, a ébranlé le pouvoir algérien jusqu'à la
suspension de ses manifestations hebdomadaires en raison de la
pandémie de nouveau coronavirus (453 morts et 4 154 cas déclarés
officiellement). « Alors que la pandémie de Covid-19 nous fait
basculer dans l'inquiétude et l'incertitude, l'information libre nous
est essentielle pour faire face à la crise, la comprendre, la penser
et la surmonter, la gouvernance algérienne par essence autoritaire se
positionne carrément à contre-courant de la promotion des libertés en
général et de la liberté de la presse en particulier », a accusé
dans un communiqué le Front des forces socialistes (FFS). Le plus
ancien parti d'opposition algérien a également salué le
« courage des journalistes qui continuent (…) à braver les
interdits et à exercer honnêtement leur profession ».
Pour le pouvoir, il y a beaucoup de bruit pour rien
Les autorités démentent toute entrave, assurant au
contraire, par la voix du ministre de la Communication, Ammar
Belhimer, un ex-journaliste, que l'État algérien soutient
« puissamment » la liberté de la presse. « Il y a
8 000 journalistes et pour trois ou quatre d'entre eux qui ne
font pas partie de la presse nationale mais de la presse étrangère,
financée par l'étranger, il y a eu tout un boucan autour d'atteintes
à la liberté de la presse », a expliqué le président Abdelmadjid
Tebboune lors d'une rencontre avec des médias nationaux retransmise
vendredi soir sur les radios et télévisions. « Nous parlons de
souveraineté nationale. Ils ramènent des financements étrangers pour
casser des institutions. Quels sont les pays développés, les pays
démocratiques qui acceptent cela […] pourquoi devrions-nous
l'accepter ? » a martelé le chef de l'État devant des
journalistes de la presse privée et publique.
Pour Me Bouchachi, un ancien président de la Ligue
algérienne des droits de l'homme (LADH), il n'existe « pas de
volonté réelle d'aller vers un changement, une ouverture et un État
de droit ». « Le pouvoir en place n'a pas la volonté de
réconcilier les Algériens et d'aller vers une autre Algérie. Au
contraire, c'est le statu quo », a-t-il déclaré à l'AFP.
Le Point (avec
AFP)
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Deux journalistes béninoises "victimes"
de harcèlement sexuel
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L'affaire
ressemble à bien des égards à un Metoo version béninoise. Deux
journalistes béninoises, Angéla Kpeidja de la télévision nationale et
Pricile Kpogbeme, au chômage, ont témoigné sur le "harcèlement
sexuel et les abus" commis dans les rédactions au Bénin.
La première a saisi l'occasion du 1er mai, la fête du
travail, pour fustiger les humiliations subies, selon elle, par
plusieurs femmes journalistes. Sa publication sur Facebook est
devenue virale.
« J'ai failli.. Non je l'ai fait mais
je
reviens encore plus forte..
Ça
m'a rongé toute la journée
puis
j'ai décidé de... », posté par Angéla Kpeidja le 1er
mai 2020.
Sa consœur, Pricile Kpogbeme, lui a emboîté le pas le 3
mai, jour de la célébration de la liberté de la presse.
Dans une vidéo
postée sur sa page Facebook, la journaliste détaille les différents
abus auxquels elle a fait face dans sa carrière.
Selon elle, les
femmes sont considérées comme des "objets sexuels" au sein
des organes de presse du pays. Son chômage serait lié, d'après elle,
à son refus de céder aux avances.
Audience avec le
président Patrice Talon
Sur sa page Facebook, le chef de l'Etat béninois, Patrice
Talon annonce avoir rencontré les responsables de la télévision
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nationale béninoise Ortb et la première lanceuse
d'alerte, Angéla Kpeidja.
Il a aussi donné son
point de vue sur la question du harcèlement sexuel dans les médias
béninois.
"J'ai tenu, ce mardi
5 mai 2020, une séance de travail avec les responsables de l'Office
de Radiodiffusion et Télévision du Bénin (ORTB), certains membres de
mon Gouvernement dont le Ministre de la Communication et Mme Angela
KPEIDJA suite à sa dénonciation de faits graves dont elle aurait été
victime.
Je me suis intéressé au sujet, convaincu que de nombreuses femmes béninoises,
dans le cadre de leur travail, peuvent être sujettes à ces pratiques
répréhensibles. En effet, dans la société moderne que s'emploie à
bâtir au quotidien notre Gouvernement avec l'ensemble du peuple
béninois, les pratiques liées aux harcèlements, aux violences basées
sur le genre, ne doivent pas avoir droit de cité et ne doivent pas
rester impunies", écrit M. Talon.
Il a exhorté les
responsables de l'ORTB de tout mettre en œuvre pour que les faits
allégués, qu'ils soient fondés ou non (ce qu'il appartiendra à la
justice d'établir), n'aient pas droit de cité.
"Cela est valable
pour cet office comme pour l'ensemble des administrations publiques
et privées de notre pays. D'ores et déjà, j'ai la conviction que
l'acte posé par Mme Angela KPEIDJA sera le déclencheur d'une aube
nouvelle pour faire en sorte que les victimes d'abus à caractère
sexuel soient mieux protégées dans notre pays", ajoute le
président béninois.
BBC
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France : La crise se durcit dans les
médias
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Les licenciements,
mesures de chômage partiel et baisses de salaires des dirigeants se
sont multipliés dans les médias avec la crise du coronavirus, malgré
un fort intérêt des lecteurs pour l'information et partout dans le
monde, l'effondrement du marché publicitaire pèse.
L'épidémie du coronavirus
a poussé à s'informer, mais cet attrait pour les médias n'a pas
profité financièrement aux éditeurs de presse et ce quel que soit le
média.
Dès le mois d'avril,
licenciements, mesures de chômage partiel ou baisses de salaires ont
été annoncées. De nombreux titres (Le Parisien, La Nouvelle
République, Centre-Ouest) ont placé des salariés en chômage
partiel, notamment dans les services dont l'actualité a été réduite
par la pandémie.
Les médias sportifs comme
L'Equipe y ont aussi eu largement recours, suite à l'interruption des
compétitions. Le quotidien Paris-Normandie, déjà en difficulté,
a été placé en liquidation judiciaire.
TF1 a placé un tiers de
ses effectifs en chômage partiel en avril. BFMTV/RMC vient d'annoncer
un plan social qui vise notamment à diviser par deux le recours aux
intermittents, aux pigistes et aux consultants.
Du côté des radios, 90%
des stations indépendantes ont eu recours au chômage partiel au mois
d’avril, selon une enquête à paraître de leur syndicat, le SIRTI.
Cette mesure devrait être maintenue pour un tiers des radios jusqu’à
fin août pour retrouver l'équilibre.
Une crise sans précédent aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, la crise des médias est sans
précédent. Plus de 36.000 employés des médias d'information
américains, aux effectifs déjà resserrés ces dernières années, ont
été concernés par des réductions de coûts, selon une analyse du New
York Times. NBCUniversal a diminué de 20% les plus hauts
salaires, selon le Wall Street Journal.
Le groupe Conde Nast (Vogue, Wired, ou
le New Yorker) a annoncé le licenciement d'une centaine de salariés
sur 6000. Le magazine Fortune a licencié 35 salariés, soit un
dixième de ses équipes,
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et réduit de 30% le salaire de ses
dirigeants. A travers le pays, une quarantaine de publications
locales ont annoncé un total d'au moins 373 licenciements, seln une
liste mise à jour par le site Poynter.
Le groupe propriétaire du Los Angeles Times,
principal quotidien de la ville qui "a perdu plus d'un tiers de
ses revenus publicitaires et s'attend à en perdre plus de la moitié
dans les mois à venir", a mis en disponibilité une quarantaine
d'employés parmi les fonctions support, selon des lettres internes
consultées par le New York Times.
Les Gafa accusés de tirer profit
de la
crise des médias
L'information en ligne ne se porte pas mieux, avec 300
emplois perdus aux Etats-Unis selon le décompte de Poynter. Le
groupe Vice Media va licencier 55 salariés aux Etats-Unis et 100 à
l'international, selon une note envoyée par la directrice du groupe
aux employés, révélée par les médias américains.
Au-delà de la crise sanitaire, la dirigeante a accusé les Gafa,
géants du web, d'être une "menace" pour l'information en
ligne et de prendre "pas seulement une plus grande part du
gâteau mais le gâteau en entier", entrainant la perte de
dizaines de milliers d'emplois dans le journalisme.
Pour certains, la crise est l'occasion d'accélérer la transition vers
un modèle économique par abonnement, plus stable.
C'est le cas du site américain d'information économique Quartz qui va
licencier environ 40%" des effectifs, principalement dans la
régie publicitaire, a annoncé son propriétaire le groupe
japonais Uzabase.
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Microsoft licencie ses journalistes et les remplace
par des robots
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Une vingtaine de
journalistes qui alimentaient la section des nouvelles du portail web
MSN et du navigateur Edge ont été licenciés par Microsoft pour être
remplacés par des logiciels d’intelligence artificielle, selon ce que
rapporte The Guardian.
Au total, ce sont 27 journalistes qui sont visés par l’annonce.
Ils étaient tous à l’emploi de PA Media (anciennement Press
Association). Microsoft leur a annoncé jeudi qu’ils perdraient leur
emploi d’ici un mois, l’entreprise ayant décidé de cesser d’embaucher
des êtres humains pour l'agrégation de contenu sur ses pages
principales.
Je passe tout mon temps à lire comment l’automatisation et
l’intelligence artificielle vont finir par prendre tous nos emplois
et m'y voilà, l’intelligence artificielle m’a pris mon emploi,
explique un des membres de l’équipe.
Selon cette personne, la décision de Microsoft est risquée parce que
le personnel en place faisait très attention de suivre des lignes
éditoriales très strictes, ce qui empêchait les internautes de tomber
sur du contenu violent ou inapproprié en ouvrant leur navigateur, un
facteur d’une importance particulière pour les plus jeunes.
L’équipe visée par l’annonce ne créait
pas de nouvelles originales, mais exerçait tout de même un contrôle
éditorial dans la sélection des articles produits par d’autres médias
et veillait à leur mise en forme ainsi qu'au choix de titres
appropriés.
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Les articles étaient
ensuite hébergés sur les sites web de Microsoft, qui touchait une
partie des revenus publicitaires générés.
L’agrégation
des nouvelles effectuée par les journalistes assurait également que
les manchettes étaient claires et appropriées pour le format, tout en
favorisant la diffusion d’opinions politiques diverses et en évitant
les fausses nouvelles.
Une crise aggravée par la pandémie
Déjà en crise depuis
plusieurs années,
le milieu des médias a été dévasté par la pandémie de COVID-19, et
plusieurs entreprises tentent de diminuer leurs dépenses. On peut
s’attendre à ce que d’autres médias partout dans le monde soient
affectés par la décision de Microsoft d’automatiser une partie de ses
opérations.
Nous sommes dans un
processus de réduction progressive de l’équipe de Microsoft
travaillant à PA, et nous faisons tout ce que nous pouvons pour
soutenir les personnes concernées, a expliqué un porte-parole de
PA Media.
Microsoft a également commenté l’annonce par le biais d’un
porte-parole : Comme toutes les entreprises, nous évaluons nos
affaires sur une base régulière. Cela peut entraîner des
investissements accrus à certains endroits et, de temps à autre, un
redéploiement des ressources dans d’autres secteurs.
Ces décisions n’ont pas été prises en raison de la pandémie
actuelle. ».
Source : Radio
Canada
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Les médias privés tchadiens plaident
pour
un plan de sauvetage
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Les
mesures barrières prises par le gouvernement tchadien pour lutter
contre la propagation du coronavirus ont un impact négatif sur les
médias. Certains responsables des médias privés procèdent à la
réduction de salaires de leurs employés et se débarrassent du
personnel jugé non essentiel. Les responsables des radios et
télévisions privées affirment qu’ils risquent de fermer si le
gouvernement ne leur vient pas en appui.
Depuis l’avènement du
nouveau coronavirus, avec son corollaire de mesures barrières, les
journalistes tchadiens - surtout ceux des médias privés – vivent une
situation difficile. Certains journaux revoient leur production à la
baisse en raison de la mévente et réduisent de manière drastique les
salaires de leurs employés, allant de 20 à 40%.
Des radios privées en revanche, augmentent leur temps
d’antenne pour sensibiliser la population au respect strict des
mesures barrières.
Pour Dénémadji Yolonde, chargée des programmes de la
radio "Arc-en-ciel", une radio confessionnelle,
la grille de programmes a été modifiée pour accompagner le
gouvernement dans sa politique de sensibilisation, mais aucun
financement n'a été débloqué pour accompagner cet effort. La
rédaction fait le travail avec les moyens de bord.
Djimet
Wiché, directeur de publication du journal "Alwhida",
un média en ligne, lui, met une partie de son personnel au chômage
technique. Il s'agit surtout les
collaborateurs externes et du personnel non essentiel. Sur le plan
financier, il déclare manquer de recettes publicitaires.
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Ce qui affecte
négativement les activités de sa rédaction, a t-il déploré.
Si quelques journaux
tiennent encore le coup, c’est un travail de sacrifice estime Samory
Ngaradoumbé, président de l’Association des éditeurs de la presse
privée du Tchad.
"Si nous fermons les
portes, qui va informer la population ? Il y a un travail de sacrifice
qui est là et c’est au mérite des journalistes qu’il faut
l’attribuer", a-t-il déclaré.
Pour Leubnodji Tah
Nathan, qui dirige une organisation des journalistes reporters, la
presse tchadienne est en train de mourir à petit feu. Il explique que
certaines rédactions sont menacées d’expulsion parce qu’elles n’ont
pas payé le loyer. Il précise que pour une dizaine de journaux il est
impossible d'aller à l’imprimerie en raisons des dettes à payer.
Les responsables des
télévisions et radios privées du Tchad demandent au gouvernement un
appui financier à ces médias.
Source : VOA
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Suisse : près de 60 millions de Francs pour les médias
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En
Suisse, aussi, la pandémie de coronavirus frappe durement les médias.
Leurs recettes publicitaires ont déjà baissé drastiquement. Au vu de
l'importance particulière des médias pour la démocratie, le Parlement
a transmis, lors de la session extraordinaire, plusieurs motions
largement soutenues demandant de fournir une aide financière
immédiate d'un montant de 57.5 millions de Francs.
Le 20 mai, en réponse au
mandat du Parlement, le Conseil fédéral a adopté une série de mesures
en faveur de toutes les catégories de médias. Dans une première
ordonnance, les radios et les télévisions privées sont directement
soutenues à hauteur de 30 millions de francs issus de la redevance de
radio-télévision. Des contributions uniques extraordinaires seront
accordées dans ce cadre : les radios locales commerciales titulaires
d'une concession de radiocommunication OUC (FM) qui émettent dans une
zone de desserte définie par le Conseil fédéral recevront 487 128
Francs chacune. Les radios complémentaires à but non lucratif
touchent, quant à elles, un montant de 145 132 Francs par diffuseur.
Les télévisions régionales émettant dans une zone de
desserte définie ainsi que les chaînes TV qui offrent des prestations
d'information régionale, bénéficient d'une large audience et
supportent des charges d'exploitation annuelles supérieures à un
million de francs reçoivent chacune 901'327 francs. Il s'agit ainsi
d'assurer un service public régional dans toute la Suisse. La Confédération
prend aussi en charge pendant six mois les coûts de l'agence de
presse Keystone-ATS facturés aux médias électroniques. L'enveloppe à
disposition, de 10 millions de francs au maximum, provient également
de la redevance de radio-télévision.
Élargissement de l'aide indirecte
Pour la
presse écrite, le mandat du Parlement est mis en œuvre à travers une
deuxième ordonnance de nécessité. Elle prévoit un élargissement de
l'actuelle aide indirecte à la presse. Dès le 1er juin 2020, les
quotidiens et les hebdomadaires en abonnement de la presse locale et
régionale, déjà soutenus actuellement, sont distribués gratuitement
pendant six mois dans le cadre de la tournée régulière de La Poste.
Pour cette mesure, un montant de 12.5
millions de Francs, provenant
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des ressources générales
de la Confédération, est prévu.
En outre, la
Confédération participe temporairement, dès le 1er juin 2020, aux
coûts de la distribution régulière des quotidiens et hebdomadaires en
abonnement avec un tirage global de plus de 40 000 exemplaires par
édition. Selon les dispositions actuelles, ces titres n'ont pas droit
à un soutien. Ils profiteront temporairement d'un rabais sur la
distribution correspondant au rabais actuel de 27 centimes par
exemplaire. Pour cette mesure, 5 millions de Francs au maximum
pourront être utilisés.
Pas de versement de dividendes en 2020
Dans les deux cas, un soutien n'est accordé qu'à la
condition que les éditeurs s'engagent par écrit à ne pas verser de
dividendes pour l'exercice 2020. Le cas échéant, les montants
indûment perçus devront être restitués à la Confédération. En
élargissant le champ d'application de cet instrument d'aide éprouvé,
le Conseil fédéral soulage les éditeurs de journaux dans une
situation difficile et contribue à maintenir la diversité des titres
de presse. Par ailleurs, la mesure peut être rapidement mise en œuvre
et respecte l'indépendance de la presse.
L'épine dorsale de la démocratie
À travers ces deux
ordonnances de nécessité, le Conseil fédéral met en œuvre, dans la
mesure de ses possibilités, les motions au contenu identique 20.3145
et 20.3154 "Des médias indépendants et efficaces sont l'épine dorsale
de notre démocratie" ainsi que 20.3146 et 20.3155
"Covid-19. Verser immédiatement les ressources de l'aide
d'urgence aux radios et télévision privées de Suisse" de la
Commission des transports et des télécommunications du Conseil
national et du Conseil des États. Un soutien en faveur de
Keystone-ATS et de l'aide indirecte à la presse au-delà des six mois
prévus, comme le demande une motion, sera examiné en temps voulu.
Source : La lettre Pro
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France :
Alerte sur le papier journal
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La Chapelle-Darblay, une deux grandes usines
fabriquant du papier journal que compte la France, menacée de
fermeture. Son propriétaire, le groupe finlandais UPM, la lâchera
le 15 juin 2020. La mobilisation – blocage, manif et tam-tam
syndical – n’a guère produit d’effet, aucun repreneur n’a donné
suite. Elle menace aussi toute une filière de recyclage. Car elle
est la seule usine à produire du papier 100% recyclé. Elle
travaille pour toute la presse française, sa fermeture obligera immédiatement les
magazines tricolores à se fournir à l’étranger…
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RMC Sports News
Fin d'émission
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Depuis le 2 juin 2020,
c’est la fin définitive des émissions pour la chaîne d'information
sportive RMC Sport News. « Nous vous informons que la
chaîne RMC Sport News ne sera plus disponible au sein des offres
Canal+ à compter du 2 juin 2020 », annonçait
un communiqué de la chaine le 15 mai dernier. En réalité, la chaîne
d'information sportive du groupe Altice (SFR, BFM TV, RMC Sport)
ferme définitivement à partir de cette date.
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France 24 :
Record d'audiences numériques
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France
24, la chaîne d’info internationale en continu du groupe France
Médias Monde, a enregistré des records d’audience sur ses supports
numériques pendant la crise sanitaire. 240 millions de vidéos ont été visionnées sur
les quatre premiers mois de l’année pour la chaîne française,
ce qui correspond à l’audience sur l’ensemble des vidéos vues l’an
dernier. Une particularité a été observée : 50 % des internautes qui ont consulté les
plateformes de France 24 sont Français.
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La fermeture de la
Chapelle-Darblay menace 250 emplois directs et plus d’un millier
d’emplois indirects et obligera immédiatement les magazines
tricolores à se fournir à l’étranger.
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RMC Sport News avait
été lancée à l'été 2016 sous le nom de BFM Sport, avant de changer
de nom à l'été 2018 au moment du lancement du bouquet RMC Sport (ex
SFR Sport).
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La rédaction de France
24 s’appuie sur un réseau de 160 bureaux de correspondants couvrant
l’actualité sur la quasi-totalité des pays du globe. La plupart de ses téléspectateurs habitent en
Afrique subsaharienne, au Maghreb, au Proche et Moyen-Orient.
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