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EDITORIAL
Cette
épreuve qui nous unit
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Par Zara Nazarian,
Secrétaire
générale internationale
Chère consœur, cher confrère,
Ces mots sont aujourd’hui plus que jamais vrais et importants, car
nous sommes, toutes et tous, frères et sœurs retrouvés dans la même
situation. Celle d’exposition au risque de contamination, qui ne fait
que grandir du fait de la particularité de notre profession dont le
sens même est d’être en première ligne des événements. Celle de
difficultés d’exercer notre métier étant confiné(e)s et, pour
beaucoup, limité(e)s dans notre liberté de parole par des règles
drastiques d’état d’urgence ou autres mesures réglementaires en
vigueur. Celle d’incertitudes aussi quant à l’avenir, car dans la
crise économique qui va sans doute suivre la pandémie, les
entreprises de médias risquent de se retrouver parmi les plus
vulnérables. Et souvent, pourquoi se le cacher, les plus désirées à
abattre aussi.
Je voudrais m'attarder tout spécialement sur le problème
de maintien en détention des journalistes dont la seule
faute est d'avoir exercé leur métier qui est un double crime en ces
temps de pandémie. Le cas de notre confrère algérien Khaled Drareni
est est une illustration vibrante, et il est loin d'en être le
seul.
Qu’est-ce qu’on peut opposer à cette réalité ? En premier lieu,
notre solidarité et notre capacité de se serrer les coudes, en
oubliant les querelles des egos. Le virus qui ne connaît ni les
riches, ni les pauvres, ni les leaders, ni les « soldats »,
ne devrait-il pas nous réapprendre les plus grandes de valeurs –
l’amour, le respect, l’unité ?...
Dans cette épreuve planétaire, l’UPF doit plus que jamais nous unir.
Pour rester à votre écoute, nous avons pris des mesures nécessaires
pour assurer la continuité de nos services, en mettant le siège sous
le mode de télétravail.
Cependant, nous avons été obligés de reporter nos événements, aussi
bien au niveau local qu’international, pour un délai qu’on ne connaît
pas encore. Nous vous en tiendrons informés en temps réel.
Merci à chacune et à chacun pour ce lien que vous maintenez avec
nous en nous envoyant vos messages et en nous tenant au courant
de la vie des sections en ces temps difficiles. Un premier résumé de
ces échanges est publié dans ce numéro d’Infolettre qui représente,
sans le dire, un numéro spécial.
Prenez bien soin de vous et de vos familles !
Au plaisir de vous retrouver toutes et tous en bonne santé et pleins
de nouveaux projets,
Avec beaucoup d’amour et d’amitié,
Zara Nazarian
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Image : plateau New Word TV (Togo) / Source : Actu Togo
La pandémie de
Coronavirus a un impact considérable sur les économies et la vie des
gens. Dans ce contexte de grandes difficultés, l’information, les
médias, tiennent une place majeure.
Informer,
informer, et encore informer, pour faire de chacune et chacun un
acteur de la prévention… Dans quelles conditions les médias
francophones assurent-ils leur rôle ?
A partir
d’un questionnaire envoyé aux Présidents de sections du réseau UPF,
nous avons voulu établir son bilan de santé du moment. Quelle image
en ressort ?
Etat des
médias.
Notons d’abord une différence importante entre médias écrits et
audiovisuels. Si radios et télévisions sont très suivis, ce qui
renforce une tendance déjà existante, il faut noter d’emblée une
croissance forte de l’information sur Internet. En la nuançant
aussitôt : c’est surtout dans les villes que le Web constitue un
recours, car nombreuses sont les régions (notamment en Afrique) où
les infrastructures ne permettent pas encore un accès facile aux
réseaux (+ problèmes de débits et coupures de courant). Et nombreuses
sont les familles qui ne possèdent pas l’équipement ad hoc.
Les médias d’information en continu, là où ils existent, tiennent
également le haut du pavé. Mais gardons-nous d’une information trop
répétée et trop convenue, qui finit par lasser faute d’innovation et
de travail original. L’audience de la radio, traditionnellement
très forte, se renforce encore, et c’est vrai non seulement dans les
pays du Sud, mais aussi en Europe.
La presse
écrite
La presse écrite est partout celle qui souffre le plus, et de
loin. Certains titres sont menacés de disparition, et cette
menace repose sur deux éléments principaux : la diminution
drastique (voire dans certains cas la disparition totale) des ressources
publicitaires habituelles, et les difficultés considérables de
diffusion dans un contexte de confinement et de fermeture de nombreux
points de vente. Si dans la plupart des cas les quotidiens se sont
retranchés sur le Web, les ressources n’en ont pas moins littéralement
fondu.
La diminution des recettes publicitaires est générale, mais la baisse
de la diffusion prévaut dans les pays où le confinement de la
population, et ses difficultés économiques, restreint ses
possibilités d’achats.
Et dans certains cas, comme au Sénégal, la diminution des ressources
publicitaires se double d’une augmentation des frais, certains
quotidiens réalisant des éditions spéciales pour « coller »
le plus près possible à l’actualité.
La menace directe de faillite commence à apparaître, touchant d’abord
la presse écrite, mais aussi certaines petites radios, comme en
Grèce.
Face à cette très grave crise, la presse écrite tente très souvent de
répondre en diminuant de façon importante la pagination (paradoxe au
moment où l’information tient une place centrale dans la gestion
de la crise !), voire en supprimant ses éditions papier, et en
développant ses sites Web. Ainsi à Madagascar, où le confinement est
partiel, une étude sur quotidiens et hebdos montre que sur 19 titres,
trois seulement continuent à paraître. Les autres ont cessé leur
parution et envisagent une reprise le plus souvent « suivant évolution de la
conjoncture ». S’ajoutent parfois, comme
aux Comores, des problèmes supplémentaires reposant sur les
difficultés de l’imprimeur « pour
se procurer les plaques nécessaires du fait de la fermeture des
frontières ».
Autre exemple : au Maroc, c’est « à la demande du gouvernement »
que la presse écrite n’imprime plus, et s’est rabattue sur Internet.
Mais « La
publicité n’est malheureusement pas au rendez-vous ».
Cette demande venant des Etats est également mentionnée au Bénin, où
c’est le Conseil National de la Presse qui a invité à « surseoir à la distribution
des journaux papier », ainsi qu’en Tunisie où « la Fédération
tunisienne des Directeurs des Journaux (FTDJ) a ordonné la suspension
de la presse papier afin de protéger les travailleurs dans les
imprimeries ».
Il arrive aussi que la distribution soit empêchée par les
distributeurs, comme en Moldavie, où « le principal distributeur
de journaux et magazines du pays a annoncé qu'il suspendait son
activité afin de ne pas mettre en danger la vie de ses salariés ».
Dans d’autres pays (Albanie par ex.), « la presse écrite quotidienne est
paralysée (…) mais aussi les revues périodiques qui ne continuent que
dans leur version en ligne ».
En France même, de nombreux quotidiens sont lourdement impactés,
comme Libération et L’Humanité en particulier. Il en est de même en
Suisse, où « de
lourds nuages pointent à l’horizon, pour l’après coronavirus, et on
craint des disparitions de titres régionaux plus fragiles ainsi que
des restructurations ».
Cet impact est d’autant plus grand qu’afin de réduire les frais, il
est fréquent de voir les équipes de journalistes réduites, les
pigistes étant souvent les premières victimes. Face à ces
situations, nombreuses sont les organisations de médias et de
journalistes qui demandent des aides des Etats, ou simplement le
versement rapide des aides prévues comme en Guinée.
Accès à
l’information
Pour tous les médias se pose aussi la question de l’accès à
l’information.
Dans certains cas, des difficultés de déplacement gênent ou empêchent
l’accès à l’information, comme au Congo où « les journalistes utilisent
les transports en commun, interdits pendant cette période. La
situation n’est pas meilleure dans les départements où les
correspondants de presse se déplacent souvent à leurs frais quand ils
ne sont pas à la charge des sources ». Mais ce n’est pas seulement pour des raisons matérielles que cet
accès est gêné.
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En Moldavie,
où « pour
certaines institutions médiatiques indépendantes, l'accès à
l'information est plus difficile, surtout lorsqu'il s'agit de
découvrir des faits qui ne conviennent pas au gouvernement. Le
pouvoir a un comportement qui décourage les médecins de parler de la
situation réelle : ils ont peur de parler et évitent la presse ».
Si certaines sections ne constatent pas de problème particulier,
cette situation est plus ou moins latente pour d’autres pays, comme
Madagascar, où les médias audiovisuels sont « réquisitionnés par les
autorités publiques et sont obligés de diffuser en direct et simultanément
avec les chaînes publiques les émissions spéciales diffusées
quotidiennement à partir du Centre de commandement opérationnel de
lutte contre le Covid-19, ainsi que les interventions présidentielles
où se mêlent discours politiques de propagande et messages de
sensibilisation et de mobilisation ». Cette
obligation va loin, puisque certaines chaînes qui ont choisi de
diffuser de simples extraits des discours officiels ont été mises en
demeure de rectifier.
On le sait, en temps de crise, ce sont souvent l’accès à
l’information et les libertés individuelles qui pâtissent. Pour les
citoyens, mais aussi pour les médias. Réagir dés aujourd’hui est
important pour l’avenir.
Les atteintes à la liberté de la presse sont également très fortes en
Hongrie, où « l’association
de la presse hongroise a pris position contre la nouvelle loi relative au
coronavirus qui
renforce la censure et pousse les journalistes vers
l’autocensure ( …) Un article de cette loi prévoit des
peines jusqu’à 5 ans de prison sous prétexte de diffusion de fausses
informations concernant l’épidémie. Cette formule permettra de juger
des journalistes qui font de l’investigation et aident à démontrer
les défaillances du système de santé ».
En Arménie où l’état d’urgence a été déclaré, « toutes les publications
sur l'épidémie doivent provenir de sources officielles et doivent
être approuvées par des fonctionnaires. » Notons
qu’en Tunisie,
« un groupe de députés a soumis une initiative auprès du
parlement dans le but de durcir les dispositions de lois pour
sanctionner ceux qui publient les fake news. Mais cette initiative a
fait face à une grande opposition de la part de la société civile,
qui y a vu des limitations à la liberté de la critique. L’initiative
a été retirée. »
L’accès à l’information est un problème répandu. Les difficultés
reposent souvent sur l’impossibilité ou la grande difficulté pour les
journalistes de se rendre sur le terrain et parfois parce que les
lieux d’accueil des malades leur sont fermés. « Le principal problème est
l’accès à l’information, comme d’habitude au Mali ». Cette
situation de portes fermées est vraie aussi dans d’autres pays.
Enfin, la question des « infox » ou « fake news »
entraine une vigilance renforcée de la part de nombreux médias. Dans
certains cas, la vérification des informations est facilitée par
l’accès à des plateformes ad hoc (Monténégro), ou par une attention
particulière apportée par les journalistes « les plus
expérimentés » (Maurice).
Situation
des journalistes
Ils sont très exposés ! Non seulement pour des raisons
économiques, mais aussi parce que ce sont des « empêcheurs de
mentir en rond ». N’oublions jamais que notre rôle est
d’informer, d’informer toujours, même quand l’information en dérange
certains. Et puis ils sont exposés aussi en terme de risque
contagieux, même si ce n’est pas comparable avec les personnels de
santé.
Nous l’avons dit plus haut : des risques avérés et importants
pèsent sur l’emploi des journalistes, et d’abord sur les plus
précaires, les pigistes. D’autres ne sont pas rémunérés compte tenu
des difficultés, de nombreux médias ayant « réduit la
voilure ».
Un autre type de problèmes tient aux permis de circuler. Si les
restrictions excluent en général les journalistes des interdictions,
il arrive que certains « policiers
véreux » (Mali) fassent semblant de ne pas
reconnaître les laisser-passer attribués, ou bien fassent preuve
« d’excès
de zèle » (Madagascar) Dans d’autres cas, il est
nécessaire d’avoir une « autorisation
spéciale pour circuler entre les Régions et pendant la période du
couvre-feu » (Mauritanie). Au Bénin, « les journalistes n’ont pas
encore de dérogation pour sortir ou entrer dans le cordon sanitaire. Mais une porte reste
ouverte au niveau des préfets qui donnent cette dérogation ».
Toutefois, le plus souvent, les journalistes peuvent circuler en
possession de leur carte de presse et de leur attestation
d’employeur, le problème de transport restant souvent posé.
Très souvent, on n’a gardé au sein du média qu’un faible nombre
d’effectifs, les autres étant invités à « télétravailler »
à partir de chez eux. Cette solution permet à l’évidence d’éviter des
risques inutiles et d’accéder aux informations rapidement. Mais elle
n’est pas aussi riche qu’un déplacement sur le terrain, qui
permettrait de rendre compte de façon plus précise d’une ambiance, et
donnerait plus de place à la spontanéité dans les dialogues avec les
gens.
La question des protections contre le virus est posée de façon
inégale. Si dans de nombreux cas les employeurs mettent en place des
moyens pour se laver les mains (gel hydro alcoolique ou savonnage),
les masques (appelés parfois « cache-nez ») ne sont pas
toujours fournis, chacun devant alors se débrouiller. Soulignons
aussi que parfois ces mesures restent à la charge des journalistes,
et « le
Syndicat national des journalistes exhorte les responsables des
médias à fournir des équipements de protection individuelle aux
reporters. Aucune suite » (Comores).
« Nous sommes en guerre », disent certains dirigeants. Les
guerres et l’information ne sont pas toujours compatibles. Mais avec
calme et prudence, résolution et abnégation, nous devons toujours
tenter de trouver les réponses aux questions qui dérangent. C’est
l’intérêt des citoyennes et des citoyens, et c’est l’intérêt des
dirigeants eux-mêmes.
Jean Kouchner
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24 sections
de l’UPF ont répondu en un temps record et malgré le surcroit de
travail de cette période au questionnaire qui leur a été adressé à
propos de l’impact de la pandémie sur le travail des journalistes
et sur les médias. Qu’elles en soient ici remerciées.
Ce sont les sections : Albanie, Arménie, Bénin, Comores,
Congo, Grèce, Guinée, Guyane, Maurice, Madagascar, Mali, Maroc,
Mauritanie, Moldavie, Monaco, Monténégro, Roumanie, Rwanda,
Sénégal, Suisse, Togo, Tunisie, Val d’Aoste
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La liberté
de la presse confinée
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Le coronavirus frappe aussi l’information : sous
prétexte de lutter contre l’épidémie de COVID-19, de nombreux
gouvernements à travers le monde empêchent les journalistes de
travailler, dénoncent les défenseurs de la liberté de la presse.
En Hongrie, le
premier ministre Viktor Orban a fait voter des mesures d’urgence
promettant jusqu’à cinq ans de prison pour la diffusion de « fausses
nouvelles » sur l’épidémie ou les mesures du gouvernement.
En Turquie, dix
journalistes soupçonnés de « semer la panique et la peur » ont été
interpellés ou convoqués par la police, selon Reporters sans
frontières. Au Turkménistan, le mot « coronavirus » a tout simplement
été banni du vocabulaire des médias d’État, un « déni qui met en
danger les Turkmènes les plus fragiles » et « renforce le régime
autoritaire », accuse l’ONG.
RSF a mis en place mercredi un « Observatoire 19 » de la presse au
temps du coronavirus, pointant ces violences et menaces.
Le Comité pour la protection des journalistes a appelé de son côté à
la libération de l’ensemble des journalistes emprisonnés dans le
monde, pour qui la liberté est désormais « une question de vie ou de
mort ».
« Quelques-uns
des foyers les plus vifs du COVID-19, comme la Chine ou l’Iran, sont
des pays où les médias n’ont pu remplir leur fonction d’information
des citoyens », souligne Christophe Deloire, secrétaire général de
RSF. « Il y a peut-être des gouvernements qui surréagissent.
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C’est
légitime de vouloir éradiquer les rumeurs. Mais d’autres
veulent bâillonner des médias qui diffusent des informations justes.
Et le choc est tel, en ce moment, que ces mesures peuvent passer. »
Dans
ce contexte d’urgence, censurer l’épidémie
au niveau local peut priver d’autres pays d’informations vitales et
d’un temps précieux.
La situation est d’autant plus compliquée que les
mesures de confinement compliquent le travail des journalistes. Et
que la crise risque de mettre à genoux économiquement de nombreux
médias, menaçant leur indépendance.
Par ailleurs, dans un flux d’informations anxiogènes,
certains médias pourraient être tentés par l’autocensure, pour ne pas
inquiéter leur public face à la prolifération d’informations plus ou
moins vérifiées sur les réseaux sociaux et ne pas noircir le tableau.
« La seule chose qui rassure le citoyen libre, c’est
qu’on lui dise la vérité, a rétorqué l’avocat français François
Sureau mercredi sur France Inter. Nous n’avons pas besoin d’être
rassurés, nous avons besoin que le gouvernement se voie poser des
questions, et que nous puissions juger nous-mêmes, en tant que
citoyens, de la validité des réponses qu’il donne. »
Source Le Devoir
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A l'heure du
coronavirus, des solutions
pour le journalisme
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Pauline
Amiel, ancienne journaliste professionnelle, est actuellement maître
de conférences à l’École de journalisme et de communication d’Aix
Marseille Université et également chercheuse auprès de l’Institut
méditerranéen des Sciences de l’information et de la communication.
Elle vient de publier un ouvrage intitulé Le Journalisme de solutions qui s’insère bien dans le
contexte mouvementé du moment…
La crise
sanitaire pandémique qui secoue toute la planète prend des
proportions incontrôlées sur le plan médiatique notamment. Avec de
légitimes suspicions à la clé : le traitement de l’information
jour après jour impacte des millions de lecteurs, auditeurs et autres
spectateurs d’un drame sans précédent avec des conséquences parfois
qui frôlent la paranoïa à tort ou à raison d’ailleurs.
« Les citoyens
déplorent de plus en plus les mauvaises nouvelles rapportées par les
journalistes, et expriment une défiance envers les médias », décrit-elle sommairement ! Et dont on
peut planifier les commentaires en vertu de certains principes
déontologiques qui prévalent sur une course souvent effrénée du
« scoop » avec en arrière-plan l’idée de conforter la courbe des ventes
dont un grand nombre de médias sont désormais friands ou plus
significativement assujettis.
En face, la périodicité
concurrentielle plus ou moins égale à l’information produite et
relayée au quotidien — en fonction de l’ampleur surajoutée au désir inavoué
de convaincre les masses sans se soucier de « l’intérêt général »
bien évidemment.
Le sujet en cause est donc à traiter
avec la plus grande prudence, et tant qu’à faire avec le maximum
d’objectivité si tant est que cela soit possible. « Sous un angle
opérationnel » ? La question se pose en effet.
L’information, droit fondamental
« Désastres écologiques, changements climatiques, guerres,
attaques terroristes »,
instabilités et affaires politiques qui touchent de plein fouet les
gouvernances. « L’actualité proposée
par les médias peut rendre pessimiste pour l’avenir », surtout si l’on fait sérieusement le
tour des sites de presse qui ont la prétention de donner la tendance
et de se prévaloir de la meilleure opinion.
« Suicide au travail,
politique sociale en berne, violence pendant les manifestations des
Gilets jaunes — Fuite d’acide d’une usine. Les sujets en “une”
s’avèrent souvent déprimants. Et les partages d’avis négatifs se
multiplient sur les réseaux sociaux », souvent déformés, amplifiés, voire
carrément mensongers, les « Fake news » en première ligne, avec une
volonté sournoise de faire monter la tension en accentuant
inévitablement les peurs, jusqu’à promouvoir incidemment l’état de
panique.
La crise actuelle du coronavirus en
est d’ailleurs la meilleure preuve sans pour autant vouloir rentrer
dans les détails d’un sujet aux multiples mesures et paradoxes et qui
démontrent que l’information est bel et bien le pilier numéro 1
de l’opinion publique. Mais à qui la faute d’une telle dérive
opérationnelle qui occupe les faits et les découpe à la manière d’un
scénario mal écrit, avec les risques d’une pollution
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graduée et globalisée, selon des
schémas « virtualisés » qui répondent non plus au souci
intégral de vérité, mais profite à une déformation grandissante du
corpus sociétal.
Or, « le droit à l’information et à la critique est une des
libertés fondamentales de l’être humain. De ce droit du public à
connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et
des droits des journalistes. La responsabilité des journalistes
vis-à-vis du public prône sur une tout autre responsabilité, à
l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics ».
On parle bien en effet de
responsabilité, mais plus encore d’éthique, pour ne pas dire de
morale exemplaire dont la transposition clarifiée, s’adresse à de
multiples parties, concernées ou pas par le « battage (abattage)
médiatique », au point de
tergiverser sur de possibles solutions en les rendant obsolètes sous
la contrainte d’une nécessaire économie de moyens.
Qu’est-ce que le “Sojo” ?
C’est
pourquoi dans son ouvrage qui se veut à la fois essai, manuel, et
méthode, sans être vindicatif pour autant, Pauline Amiel élabore
différentes pistes qui sont aussi des ascendances à prendre en
compte, afin de mieux percevoir et comprendre un tel phénomène « de
libre accès » à la pensée dérivante.
« Sous la forme d’une
boite à outils pour le journaliste de solutions : quels sujets
aborder, où chercher ses sources, comment construire son article, ses
interviews » et à
condition toutefois que le protagoniste, ciblé ou non, soit bien en
phase avec sa propre conscience professionnelle. Et ce n’est plus
toujours le cas aujourd’hui.
Il n’empêche qu’il existe au sein de
ce territoire délimité des possibilités notoires, de sortir de la
« mouise » en toute probabilité d’intention sans être dans
l’obligation de se flageller et faire « mea culpa », alors qu’il est
souvent trop tard quand il s’agit de se disculper de l’erreur
d’appréciation.
C’est pourquoi le « Sojo » est loin
d’être une mauvaise recette de cuisine semble vouloir poser les
bonnes questions sous le régime d’une observance qualitative qui
implique un vrai travail de fond en s’assurant « de la pérennité des
réponses apportées », sans
renier pour autant l’impact sur le lectorat. De ce point de vue, on
remerciera son auteure de ne pas être tombée dans l’autosuffisance de
ton.
Avec un ouvrage qui permet au
contraire d’y voir un peu plus clair sur les pratiques
journalistiques, et de sortir adroitement du nombrilisme de rigueur
dans la profession. Le journalisme est en effet une cause et pas
seulement un fait pour quelques attardés d’une gloire mal
acquise et forcément tronquée. Positivons donc, tout en laissant le
choix de la méthode et des mots ! C’est de bonne guerre, je crois !
Source : ActuaLitté
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L'UPF
Mauritanie participe à la sensibilisation
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La
section mauritanienne de l’Union internationale de la Presse
francophone (UPF), sous l’impulsion de sa présidente, Mme Maria Ladji
Traoré, participe activement aux efforts de lutte contre la maladie
du coronavirus (COVID 19) dans le pays.
Le comité interministériel mis en place et ses
différentes structures ont lancé une vaste campagne de
sensibilisation à laquelle sont associées toutes les forces vives (partis politiques,
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organisations de la société civile, médias,..)
L’UPF Mauritanie
s’est impliquée à temps dans le combat contre le virus Covid-19. En
plus d’une campagne de sensibilisation, l’UPF Mauritanie véhicule sur
différents supports les communiqués, messages et les activités
diverses liées à la campagne nationale.
Elle a également pris en charge la confection de
supports publicitaires comportant des conseils et de la vulgarisation
des mesures barrières destinées à éviter de contracter la maladie.
Selon son bureau exécutif, UPF Mauritanie a mobilisé
tous ses membres et mène la lutte en parfaite collaboration avec les
actions entreprises dans le pays par les différents acteurs du
terrain.
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L'UPF
Tunisie met en garde contre l'infodémie
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UPF Tunisie, en collaboration avec la
Fondation Friedrich Naumann et le Centre Africain de Perfectionnement
des Journalistes et des Communicateurs (CAPJC), a organisé, jeudi 26
mars, une séance de sensibilisation.
La campagne en question
était organisée au profit des journalistes et visait
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la propagation des fausses nouvelles
liées au coronavirus.
C’est à travers une
communication transmise en direct sur les réseaux sociaux (Facebook)
que la présidente de la section, Hanène Zbiss, par ailleurs
journaliste d'investigation, spécialiste d'enquêtes liées à la santé,
interagit avec les professionnels des médias en Tunisie pour
expliquer les bonnes pratiques de la recherche d’information afin de
démêler le vrai du faux et proposer au public une information
vérifiée et crédible.
Cette campagne de
sensibilisation fait suite à une première initiative sur les fausses
nouvelles que l’UPF Tunisie organisait avec les mêmes partenaires en
septembre 2019.
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La chronique de Pierre Ganz :
Du journalisme au temps
du coronavirus
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« Dans
cette crise, le rôle des médias est crucial ». Depuis trois semaines, cette phrase est répétée sur
tous les tons. Elle est exacte. Etre correctement informé est la
première exigence des populations pour combattre la pandémie de
coronavirus. Cela conduit les journalistes à travailler dans le seul
intérêt du public, et à travailler en journalistes responsables, et
critiques.
La première responsabilité est l’exactitude et la véracité de ce qui
est publié. Tout imprécision ou erreur en période d’inquiétude
généralisée peut contribuer à augmenter l’anxiété. Le reportage de
terrain est limité par le confinement. Les technologies numériques
permettent une information « sans contact » permanente. Il est
absolument nécessaire d’indiquer systématiquement les sources des
informations diffusées, agences de presse, autorités sanitaires ou
politiques.
Etre responsable, c’est être factuel, sobre, réservé dans l’exposé
des faits, c’est contribuer à vaincre la panique sans l’aggraver. Pas
la peine d’en rajouter, les choses sont suffisamment angoissantes
comme ça. On a par exemple parlé en France de psychoses
d’achats. Ce terme désigne un trouble psychiatrique précis, pas un
désordre public, une ruée, un affolement, une panique, tous mots qui
eux peuvent s’appliquer aux achats massifs de précaution auxquels on
a parfois assisté. De même, les adjectifs comme horrible, effroyable,
catastrophique sont inutiles. « Plus la situation est mauvaise,
plus les journalistes doivent limiter les adjectifs subjectifs. Les
gens savent maintenant qu'il s'agit d'un problème sérieux. Il faut
s'en tenir aux faits bruts » écrit Al Tompkins,
professeur de journalisme au Poynter Institute de Saint-Pétersbourg,
en Floride.
En écho le directeur de l’hebdomadaire Charlie Hebdo, Riss
regrette l’utilisation d’un vocabulaire guerrier. Il vise certes le
Président Macron, qui, à l’instar d’autres dirigeants, a parlé de
guerre contre le coronavirus. Mais sa remarque peut aussi s’appliquer
à certains éditoriaux ou commentaires de journalistes : « Quels mots
nous restera-t-il si demain une vraie guerre s’abat sur l’Europe,
comme celle que vivent les Syriens depuis neuf ans ? » écrivait
Riss le 22 mars, « une crise sanitaire très grave comme celle que nous
vivons, c’est une crise sanitaire très grave, et c’est déjà assez
bien grave comme ça ». La remarque vaut pour la France,
et plus encore pour les pays confrontés à des guerres civiles ou
étrangères.
Dire qu’on ne sait pas
Le
problème est que les faits sont parfois difficiles à établir. Il ne
faut pas hésiter à le reconnaître, à dire qu’on ne sait pas. Une
question sans réponse est un fait auquel le public a droit. Il faut
admettre, et expliquer au public, qu’en matière scientifique
plusieurs points de vue, parfois contradictoires, peuvent exister avant
qu’une synthèse se fasse. Multiplier les interlocuteurs est une
nécessité. « Différents virologues ont différentes pièces du puzzle »
dit la journaliste scientifique Roxanne Khamsi, « méfiez-vous
de ceux qui prétendent avoir une vue d'ensemble ».[1]
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Les responsables de
débats sur les chaines d’information devraient mettre en pratique
cette recommandation vue sur Facebook : « si vous n’avez pas de connaissance
médicale ou en gestion de crise, on peut se passer de vos
commentaires ».
Etre responsable, c’est vérifier qui dit quoi avant de reprendre ou
de citer une communication à caractère scientifique. Avant d’être
publié dans une revue scientifique, le travail d’un chercheur fait
l’objet d’une relecture, d’une validation par les pairs, parfois
d’une reproduction.
Mais il existe des études prépubliées,
par exemple sur le blog personnel d’un chercheur, qui n’ont pas
encore été examinées indépendamment par d’autres scientifiques.
Les journalistes ne devraient les citer qu’après avoir demandé à un
scientifique indépendant de l’auteur si ce document est conforme à
une démarche scientifique.
Dans les premières semaines de la pandémie, selon Reuters[3], « 153 études - y compris des
articles épidémiologiques, des analyses génétiques et des rapports
cliniques - examinant chaque aspect de la maladie » ont
été publiées, dont 92 n’avaient pas été validées selon les critères
de la recherche. Pourtant, ces études ont fait l’objet de tweets
voire d’articles. Ainsi, celle concluant à un lien entre le covid-19
et le VIH a fait l’objet de 15 000 tweets et de 25 liens depuis des
organes d’information, avant d’être retirée par ses auteurs.
Chiens de
garde
Le démontage des rumeurs est une nécessité. Dans la mesure cependant
où la rumeur en question circule en dehors d’une communauté
restreinte : pas la peine de lui donner une audience qu’elle n’a
pas. Mais si elle a fait le tour des réseaux sociaux ou a reçu
l’onction d’une personnalité qui l’a partagée, la démentir est nécessaire.
On évitera alors, en la corrigeant de l’amplifier. En évitant de
reprendre dans le titre de l’article de démenti les termes de la
rumeur, et en utilisant le « sandwich de la vérité » du professeur de
linguistique George Lakoff [4] :
« commencez
par la vérité, car les premiers mots ont un avantage ; indiquez
le mensonge en évitant si possible de reprendre les termes
employés ; revenez à la vérité ».
Les responsables politiques n’ont pas lésiné ces dernières semaines
sur les appels à l’union nationale. On peut comprendre la nécessité
de ne pas se disperser en querelles subalternes en période de crise
sanitaire.
Mais cela ne doit pas empêcher les médias et les journalistes de
jouer leur rôle, qui ne se limite pas à diffuser la parole publique -
même si c’est indispensable de la répercuter. Etre critique avec les
autorités, vérifier leurs affirmations, interroger leurs décisions,
recourir à des sources indépendantes est, pour reprendre le terme
qu’on renvoie aux journalistes, crucial.
Enfin, force est de constater que les gouvernements prennent des
mesures restreignant les libertés publiques - à commencer par celle
d’aller et venir - au nom de la lutte contre la pandémie de
coronavirus.
Le rôle des journalistes est de le dire, sans parti pris mais
nettement. Par les temps qui courent, défendre la liberté
d’expression et la liberté de la presse est une nécessité éthique et
démocratique. Plus que jamais, les journalistes doivent être les
chiens de garde de la démocratie.
Pierre Ganz
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LA VIE DE L' UPF
Mme Nazarian rencontre la Déléguée aux Affaires
francophones et multilatérales du Québec
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Le 11 mars dernier, la Secrétaire générale
de l’UPF rencontrait Mme Claire Deronzier, Déléguée aux Affaires
francophones et multilatérales du Gouvernement du Québec.
Cette rencontre s’inscrivait dans
le cadre des préparatifs de la célébration du 70e
anniversaire de l’UPF, qui aura lieu en décembre prochain, lors des
49èmes Assises internationales de l’Union, en
Tunisie. Le Canada étant au sources de la création de
l’Union internationale de la Presse francophone, il est
particulièrement important, en cette année spéciale, de revoir les
journalistes francophones de ce pays dans les rangs de l’UPF.
Plusieurs questions ont été débattues lors de cette rencontre qui
devraient aboutir à un rapprochement constructif et sur le long
terme entre les professionnels des médias du Québec et l’UPF. La
suite sera donnée dès que le contexte sanitaire le permet.
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L'UPF
contrainte de reporter le Symposium
sur la
prévention des génocides
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Le
symposium international sur le rôle des médias dans la prévention
des génocides et la lutte contre la négation, prévu en Arménie le
19 mai prochain, au moment de la visite officielle de Mme Louise
Mushikiwabo dans le pays, a été reporté pour cause de pandémie à
une date ultérieure.
La Secrétaire générale, Mme Zara Nazarian, a déjà effectué un grand
travail de préparation pour cet événement, en établissant un
pré-programme et en contactant les futurs intervenants (dont les
membres de la commission Rwanda, les historiens éminents, les
journalistes ayant travaillé notamment sur les sujets de génocide
arménien, rwandais, yezidi…) qui ont accepté d’y participer.
Nous allons revenir à ce projet dès que le contexte nous y
autorise. Nous vous tiendrons informés.
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Communiqué :
UPF Madagascar lève la voix pour Arphine Helisoa
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L’Union
internationale de la presse francophone (UPF) - section
Madagascar exprime ses vives inquiétudes à la suite du placement
en détention provisoire de la journaliste Arphine Helisoa,
administratrice de la page Facebook « Ny Valosoa
Vaovao » et Directrice de publication du journal éponyme, média
proche de l’opposition.
Selon son avocat, la journaliste est accusée d’avoir
diffamé par voie électronique le Président de la République de
Madagascar ainsi que d’avoir incité à la haine contre le Chef de
l’Etat, acte considéré comme de nature à occasionner des troubles à
l’ordre public.
L’UPF Madagascar est d’autant plus préoccupée que le
Parquet a choisi d’appliquer les dispositions du code pénal
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(article
91 alinéa 3) pour qualifier l’infraction et pour poursuivre la
journaliste, et ainsi de délivrer un mandat de dépôt le samedi 04
avril 2020, sans possibilité de connaitre la date du
procès, toujours selon son avocat Me Willy Razafinjatovo.
Depuis 2016, avec l’adoption du Code de la
communication médiatisée actuellement en cours de révision,
Madagascar a pourtant choisi de mettre fin à l’emprisonnement des
journalistes pour des délits de presse. Dans la foulée, le
législateur a également abrogé les dispositions de la loi sur la
lutte contre la cybercriminalité qui prévoyaient des peines de
prison pour les délits de diffamation et d’injure.
Des responsables auprès
du ministère de la Culture et de la communication soutiennent que
Mme Arphine Helisoa, ne disposant pas d’une carte de presse
professionnelle, n’est pas journaliste et ne bénéficie pas des
dispositions du Code de la communication médiatisée. En tant que
directrice de publication d’un journal trihebdomadaire ayant
régulièrement paru, sauf depuis la date du 21 mars à la suite de la
décision présidentielle de placer Madagascar en confinement
partiel, Mme Arphine Helisoa a été soutenue par l’Ordre des
journalistes de Madagascar (OJM) lors de son audition auprès du
Parquet.
Antananarivo, le 05 avril 2020
Le Bureau de l’UPF Madagascar
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Liberté d'expression : UPF Togo inquiète de la
suspension de journaux
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La section togolaise de l’Union internationale de la
presse francophone (UPF Togo) est vivement préoccupée par la
suspension tous azimuts des journaux par la Haute autorité de
l’audiovisuel et de la communication (HAAC).
Le lundi 23 mars dernier, la HAAC a rendu une décision suspendant le
quotidien Liberté (pour deux semaines) et le bihebdomadaire
L’Alternative (pour deux mois). Ceci a été fait à la suite d’une
plainte de l’ambassadeur de France au Togo, M. Marc Vizy pour
diffamation. Ce dernier n’a pas voulu envoyer de droit de réponse aux
deux journaux. Une semaine plus tard, l’hebdomadaire Fraternité a
également été suspendu pour avoir critiqué la décision de la HAAC.
Cette avalanche de suspensions préoccupe l’UPF Togo. « L’UPF Togo
s’inquiète de la succession de ces sanctions qui font entorse à la
liberté de la presse au Togo et portent atteinte au droit du citoyens
à l’information, surtout en ce moment où la presse dans son ensemble
est plus sollicitée dans la sensibilisation contre la crise sanitaire
mondiale du Covid-19 », indique Loïc Lawson, président l’UPF Togo
dans un communiqué.
Pour ce dernier, les
parties auraient pu
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explorer la piste d’un règlement à l’amiable.
« Au regard de la texture de la plainte qui est
à l’origine de cette série de mesures disciplinaires, l’UPF-Togo
estime qu’il demeure possible pour les parties d’explorer la voie
d’une résolution à l’amiable de l’affaire originelle, objet de la double
saisine de la HAAC par M. VIZY », souligne-t-il.
Après avoir appelé
l’ensemble de la presse togolaise à plus de professionnalisme, Loïc
Lawson a invité l’ensemble des parties à des discussions.
« Pour ce faire, l’UPF-Togo compte sur la sagacité d’esprit des uns
et des autres et invite toutes les parties à la pondération. Aussi
bien les membres de la HAAC que les autres acteurs du monde des
médias promeuvent quotidiennement la défense de l’exercice de la
liberté de la presse dans leurs attributions professionnelles.
Entre professionnels de la communication, il est toujours possible
de dégager des solutions consensuelles quand on s’attable autour de
discussions franches et ouvertes. L’UPF-Togo y convie toutes les
parties », conclut-il.
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L’UPF Togo rend hommage à John Holonou
Hounkpati et Dominique Essodina Aliziou
La presse togolaise est
frappée d’un double deuil qui afflige l’UPF Togo et qu’elle
partage. Il s’agit en l’occurrence d’une part du rappel à Dieu, à
Lomé, de John Holonou Hounkpanti (Directeur de publication des
hebdomadaires «Carrefour» et «La Griffe»), le 11 mars 2020, et
d’autre part du décès de Dominique Essodina Aliziou (Directeur de
la publication de l’hebdomadaire «Chronique de la Semaine»), le 27
mars 2020.
L’UPF Togo salue la mémoire
de ces deux acteurs de la presse togolaise qui se sont battus à
travers leurs organes respectifs pour faire progresser le monde
médiatique local dans son ensemble.
Un des premiers acteurs de la
presse libéralisée au Togo en août 1989, John Holonou Hounkpanti,
était un partisan de la rigueur dans la production journalistique,
et était adepte du dicton «efficacité dans la discrétion». Deux
qualités qu’il a longtemps mises à la disposition de plusieurs
organisations professionnelles de la presse togolaise.
Pour sa part, Dominique
Essodina Aliziou incarnait la permanence dans la fidélité à la
ligne éditoriale de son journal. Des marques d’un esprit libre et
courageux qui aimait sortir des sentiers battus dans la presse
togolaise, tout en cultivant de manière permanente la
confraternité.
L’UPF-Togo renouvelle ses
sincères condoléances aux familles parentes et alliées de ces deux
confrères et leur témoigne sa grande proximité en ces moments de
dure épreuve.
FAIT A LOME, le
31 mars 2020,
Loïc Lawson,
Président
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UPF RDC :
Présence remarquée à la Foire
des femmes des médias
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Deux membres du bureau de la section UPF RDC ont
participé à la Foire des Femmes des médias qui s’est déroulée
mercredi 18 mars dernier à Kinshasa.

Un événement inédit qui a connu la
participation de toutes les femmes professionnelles des médias de la
capitale de la RDCongo.
Parmi les rares femmes dirigeantes d’une entreprise de presse en
RDCongo, la secrétaire générale de la section UPF-RDC, Christiane
Munoki Ekambo a présenté son journal en ligne journaldesnations.net.
Crée depuis 2015, ce journal d’informations générales fait le focus
de l’actualité mondiale.
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Prenant parole
sur le thème « le travail des femmes des médias », la
vice-présidente de l'UPF RDC, Dina Buhake a souligné que le monde
journalistique a ses réalités qui sont parfois contraignantes pour
les femmes. Mais, seul le savoir-faire, la compétence, le sérieux et
la discipline feront de nous des femmes dignes et responsables sur
lesquelles le pays peut compter, a-t-elle ajouté.
La Foire des Femmes des médias est une initiative de l’Union
Congolaise des Femmes des Médias -UCOFEM- et l’Association Congolaise
des Femmes Journalistes de la Presse Ecrite -ACOFEPE- en
collaboration avec Internews. Une activité organisée dans le cadre de
la mise en œuvre du Média Sector Development Activity -MSDA-,
programme d’appui aux médias de l’USAID, avec un financement
complémentaire de la Coopération Suédoise, à travers FHI 360 et
Internews, afin de promouvoir le secteur de médias.
Kevin Phanzu
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UPF Roumanie
: Daniela Coman élue présidente
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La Section Roumanie de
l’UPF a organisé son Assemblée générale extraordinaire et a choisi
son nouveau bureau, le 13 mars 2020. Le nouveau bureau de la Section Roumanie est présidé par
Daniela Coman, journaliste à Radio Roumanie, actuellement
correspondante à Paris.

34 de ses 45 membres ont voté la modification
des Statuts pour l’aligner aux modifications intervenues sur les
Statuts de l’UPF internationale, a l’occasion des Assises de la
Presse francophone de Yaoundé, en novembre 2019.
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L'assemblée
générale a également élu aux postes de vice-présidents: Mirel
Bran, correspondant du quotidien français « Le Monde »,
France 24, autres médias français et francophones à
Bucarest, Bogdan Oprea, journaliste G4media, publication online
d’investigation, et professeur de journalisme à l’Université de
Bucarest.
Ileana Taroi,
cheffe du Service Français de Radio Roumanie Internationale, a pour
sa part été élue Secrétaire générale.
La nouvelle équipe a promis un riche programme pour l’avenir :
développer le travail collectif à l’intérieur de la Section
nationale, mais aussi avec les autres section de l’UPF, surtout
de la région de l’Europe de l’Est ; donner plus de visibilité de
la Section roumanie au niveau international ; dresser des
projets pour échanger avec les jeunes journalistes et les étudiants
en journalisme sur les valeurs du journalisme français et
francophone.
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La chronique de Jean-Claude Allanic :
Les mots d'un virus
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"Un
mal qui répand la terreur,
Mal
que le ciel en sa fureur,
Inventa
pour punir les crimes de la terre
La
Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Faisait
aux animaux la guerre (...).
Ils
ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés".
La Fontaine savait manier la métaphore. En 2020, le mal a un nom de
code : le Covid-19. C'est moins poétique.
Le confinement qui a frappé, frappe ou frappera encore de nombreux
pays de la planète laisse au moins le temps de se replonger dans les
classiques de la littérature francophone. Il faut avoir une vision
optimiste des choses. Et comme disait Alfred Capus qui était le
rédacteur en chef du "Figaro" en 1914 (un autre sale temps
pour les braves) : "Soyons optimistes : la médecine a découvert
beaucoup plus de remèdes qu'il n'y a de maux".
Les langues étant moins mortelles que les hommes, revenons donc à nos
habituelles préoccupations du bon usage du français.
Le coronavirus venant de Chine, on aurait pu craindre une
contamination linguistique avec l'importation d'un vocabulaire
médical inspiré du mandarin. De ce côté-là, le français a bien
résisté. Notre langue n'a pas été "impactée", comme on dit
aujourd'hui. En revanche, de nouveaux virus d'origine anglaise ont
déferlé dans nos journaux. On ne parle plus que de clusters, de
shutdown, de de skyper, de whatsapper et de backtracking.
Jacques Chirac - davantage porté sur la Corona que sur le coronavirus
- disait que "les emmerdes, ça vole en escadrille".
Depuis l'arrivée du Covid-19, sachez-le, elles volent en
"clusters". A-t-on peur de faire peur en parlant simplement
de foyers d’épidémie ? Veut-on faire plus "savant" ?
J'ai entendu également déplorer "le shutdown total de
l'Italie". Mamma mia, qu'est-ce qu'il leur prend à ces
journalistes ! A ne pas confondre avec le "lockdown"
(littéralement "verrouillage") décrété par Boris Johnson au
Royaume Uni. Et encore moins avec le mot anglais
"confinement" qui s'applique aux accouchements.
Quant au backtracking,
qui permettrait aux autorités de tracer, grâce à nos téléphones, nos
déplacements au-delà
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des zones promises, les
dictionnaires proposent "rétroinspection". Ce n'est pas
très beau. Ni très bon pour nos libertés déjà surveillées par les
géolocalisations.
En cette période difficile, le français a, néanmoins, montré sa
vitalité en s'offrant de nouvelles expressions comme ces fameux
"gestes barrières" qu'il faut accorder évidemment au
pluriel tandis que France Télévisions s'engageait à maintenir un
"lien serviciel" avec ses téléspectateurs.
Est apparu surtout, dans l'actualité, cette nouvelle notion de
"distanciation sociale". On nous le répétait à
l’école et à l’armée : " gardez vos distances". La
"distanciation" est plus subtile que la
"distance" puisqu'elle implique une volonté de ....
"prendre ses distances" à l'égard du reste de l'humanité.
Reste néanmoins que la distanciation est toujours une attitude
louable que chaque journaliste, chaque citoyen, devrait observer
principalement à l’égard des vérités officielles.
Pour rester dans le domaine de la santé, au-delà de cette épidémie
qui est une pandémie, le quotidien de Tours "La Nouvelle
République" a rendu compte d'un essai écrit par un
neurochirugien du CHU, Stéhane Velut*, sur les hôpitaux livrés
désormais à la novlange des "managers".
Ce professeur raconte sa perplexité quand il a entendu un consultant
expliquer qu'il fallait "transformer l'hôpital de stock
en hôpital de flux". "Durant
quelques secondes, dit-il, j'ai cru qu'il parlait d'objets. Puis j'ai
compris qu'il parlait des gens, des malades". Dans
la logique technocratique, il allait de soi que "l'efficience
gestionnaire" prônée ne pouvait pas passer par une
fermeture de lits - ce serait trop cruel - mais par "une
redimension capacitaire" - ce qui change tout !
L'histoire ne dit pas si ces brillants esprits sont capables de
trouver des solutions pour permettre à tous les pays de disposer de
meilleures infrastructures hospitalières. Ceci n'est pas leur affaire
... Eux, ce qui les intéresse, ce sont les affaires !
En attendant des jours meilleurs, je n'ose citer Winston Churchill
pendant la guerre : "Take care and carry on".
Bon courage et prenez soin de vous !
* "L'hôpital, une nouvelle industrie".
jcallanic@gmail.com
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France -
Covid 19 ::
Le CSA mobilise les médias
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Le
Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a été sollicité par le
ministère des Solidarités et de la Santé afin de mobiliser les
médias audiovisuels sur la diffusion de messages de prévention face
à la propagation du coronavirus sur le territoire. Télévisions et
radios ont été invitées à diffuser les messages d'information
-gestes barrières- réalisés par le ministère de la Santé et Santé
Publique France concernant le virus Covid-19.
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Métro médias Canada :
40 % de mises à pied
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Métro Média, propriétaire du
journal gratuit Métro à Montréal et d’une vingtaine d’autres
journaux locaux, annonce la mise à pied temporaire de 40 % de
ses employés. L’entreprise
parle de « mesures importantes afin de protéger l’avenir de
ses journaux ». Tous les départements de l’entreprise sont
touchés par ces mesures, incluant la salle de rédaction, a indiqué
Métro Média par communiqué.
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Cinquantenaire de la Francophonie :
Une célébration en webradio
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À
l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, en
partenariat avec l'OIF, le réseau des Médias francophones publics
(MFP) a mis en place une webradio pour diffuser toute la journée du
20 mars une sélection d'émissions et de reportages.
Des programmes emblématiques qui ont en commun de mettre en
avant la diversité de la création culturelle
francophone : musique, littérature, patrimoine... et langue
française.
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Le 2 mars 2020, le président du CSA recevait le
Directeur général de la Santé et des représentants des médias.
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Mises à pied temporaires
pour 23 travailleurs dont 17 à la rédaction et des réductions
du temps de travail pour les autres. Métro Média affirme poursuivre sa
mission d’informer gratuitement.
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Ces 24 heures de programmes ont été proposées par
France Inter, RTS, la RTBF, Radio-Canada, Outre-Mer 1ère,
RFI et ARTE Radio.
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