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EDITORIAL
Fermeture d’un média : une fatalité ?
Un défi !
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Par Zara Nazarian,
Secrétaire générale internationale
Fin janvier, nous apprenions la triste nouvelle de la liquidation judiciaire sans poursuite d’activités du groupe de presse France-Antilles, éditeur des trois quotidiens de Martinique, Guadeloupe et Guyane. Ainsi disparaît France Antilles-Guyane, un journal créé en 1976 en Guyane, en 1964 en Martinique et en 1965 en Guadeloupe par Robert Hersant et faisant partie de son empire médiatique. Cet unique quotidien de la Guyane et des Antilles qui a eu comme lecteurs fidèles des générations entières n’a pas su résister aux pressions économiques que connaît aujourd’hui la profession.
Outre son aspect moral néfaste, cette liquidation a fait que plus de deux cents personnes qui participaient à sa création, production et distribution se sont retrouvées au chômage dans une région où l’emploi se fait rare. Mais le tort porté par cette liquidation ne s’arrête pas là. Cette fermeture ne signifie-t-elle pas aussi la fin d’une époque, d’un mode de vie, d’une façon de communiquer ?
La section UPF de Guyane, par la voix de son Président Frantz Montoban, a publié une déclaration poignante concernant cet événement. Son indignation a été partagée par plusieurs journalistes des différents pays du large réseau UPF. On ne peut que se réjouir de cette solidarité fraternelle dans les rangs de l’UPF, une solidarité qui dépasse les strictes frontières de l’Union.
L’UPF internationale avait déjà fait preuve, à plusieurs reprises, de cette solidarité, notamment en soutenant le combat pour la libération de Julian Assange ainsi que d’autres collègues de par le monde subissant des pressions dans le cadre d’exercice de leur métier, ou bien des médias entiers se retrouvant en difficulté. Un plaidoyer permanent pour la liberté d’expression que l’UPF cultive dans le but de promouvoir le pluralisme et le libre exercice du métier du journaliste, vecteurs fondamentaux de la démocratie.
Malheureusement, la disparition d’un média n’est pas un fait exceptionnel : la crise économique mondiale en a emporté d’autres, grands et petits, nationaux ou locaux. Souvenons-nous, l’année dernière seulement, des problèmes qu’ont connu en France les médias comme « Le Journal de l’île de la Réunion » placé en procédure de sauvegarde par un tribunal, ou bien le légendaire titre « l’Humanité » qui continue son combat de survie. Le même problème est d’actualité chez nos collègues francophones du Québec où six des dix quotidiens papier ont été mis en faillite l’année dernière suite aux difficultés subies par le Groupe Capitales Média (GCM) qui les portait, ainsi qu' au Liban et ailleurs…
Ainsi, la survie des médias, de surcroît des médias francophones, devient un défi dans un monde de plus en plus uniformisé et dépersonnalisé. Cette survie dépend de chacun d’entre nous, de la qualité de notre travail, de la détermination de nos efforts. La liberté d’expression, le pluralisme et le multiculturalisme – tout ce qui est cher à l’Union internationale de la Presse francophone et à la Francophonie en général – en dépendent.
Ensemble, nous continuerons le combat!
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Tunisie : Cap sur les 49e Assises
La Secrétaire générale lance les préparatifs des 49e Assises de la presse francophone prévues du 7 au 10 décembre 2020 en Tunisie.
Au cours d'une visite de travail dans le pays, Zara Nazarian, accompagnée de la présidente de l'UPF-Tunisie, Hanène Zbiss et du secrétaire général de la section, Mourad Sellami a multiplié les contacts avec les partenaires institutionnels, visité des infrastructures pouvant accueillir les Assises. Profitant d’une courte escale à Paris, la Secrétaire générale a également eu une réunion de travail avec des responsables de l'OIF.
Le plan d'action des 49e Assises, qui coïncide cette année avec la célébration du 70e anniversaire de l'UPF, est ainsi officiellement lancé.
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LA VIE DE L'UPF
L'UPF Guadeloupe reçoit une délégation du CSA
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Le jeudi 16 janvier, c’est à la Maison de la Presse à Basse-Terre que Jocelyn DURIZOT, président de l’UPF section Guadeloupe, a reçu une délégation du CSA, en mission dans les Antilles Guyane.
Cette délégation composée de Nicolas Curien et Hervé Godechot, membres, Alix CORNELIS directeur adjoint du secrétaire général aux territoires, Renault CASES, chargée de mission radio et Boris ODRY, secrétaire général du comité territorial de l’audiovisuel des Antilles-Guyane était venue pour échanger avec le président Durizot sur les problématiques des radios et télévisions locales, en présence d’une forte délégation guadeloupéenne des radios associatives représentée entre autre par Ruddy CORNELIE (Délégué régional Antilles-Guyane du Syndicat national des radios libres (SNRL), le président des radios libres et des responsables d’autres radios associatives.
Au préalable des échanges, le président Jocelyn DURIZOT s’est attaché à faire visiter les locaux de la Maison de la presse (bibliothèque, salle de travail, régie, salles techniques et bureaux) et décliner ses missions au profit des professionnels, scolaires, universitaires et grand public.
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Par la suite, il devait insister sur les potentialités et la volonté de l’Union d’œuvrer pour une presse de qualité, d’ouverture, mais aussi de la proximité, indispensables pour faire remonter les attentes. Il s’est montré surtout satisfait de la volonté du CSA de les accompagner dans une mission de plus en plus rude avec les révolutions des techniques de diffusion. Jocelyn DURIZOT a beaucoup insisté sur leur solitude en matière d’accompagnement financier et de formation. Et davantage encore pour les radios et télévisions associatives de cette exigence de gagner en compétence, mais aussi de relever le défi de l’éthique. C’est l’urgence, au moment où la communication doit se défaire des pièges des fake news. La liberté de la communication est d’abord une affaire de responsabilité.
Il s’est félicité de la création d’une nouvelle instance de régulation avec la volonté de construire dans l’archipel France, un paysage radiophonique équilibré et diversifié. Et que la loi soit venue épauler et légitimer cette démarche. En précisant que le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel veille, sur l'ensemble du territoire. Et à ce qu'une part suffisante des ressources en fréquences soit attribuée aux services édités par une association et accomplissant une mission de communication sociale de proximité.
En prenant le pot de l’amitié, « nous souhaitons, a déclaré le président DURIZOT aux membres du CSA qui se sont félicités du rôle de la Maison de la Presse, que cette visite soit le premier jalon d’une longue série. Et ce d’autant qu’on a tellement à se dire ».
Bernard JOUREAU
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Communiqué :
UPF Guyane soldaire avec les collègues de France Antilles
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Les journalistes de l’Union Internationale de la Presse Francophone de Guyane (UPF-G) ont appris ce jeudi 30 janvier 2020 avec tristesse la liquidation judiciaire de l’unique quotidien de la Guyane et des Antilles par le tribunal de commerce de Fort-de-France. Ce quotidien qui constitue un pan incontournable du patrimoine de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane disparaît presque dans l’indifférence après 56 ans de bons et loyaux services.
235 salariés sont désormais au chômage forcé. Ils sont sous le choc après des combats régulièrement menés pour informer les différentes populations et sauvegarder le premier journal généraliste des Antilles Guyane fondée en Martinique par Robert Hersant en mars 1964.
L’arrêt brutal de France Antilles-Guyane constitue un handicap majeur pour la pluralité d’expression. La fin de l’unique quotidien aux Antilles-Guyane est une atteinte à la pluralité d’expression dans nos régions.
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Cette situation, à l’heure du développement des réseaux sociaux et des Fake-News inquiète au plus haut point l’UPF Guyane.
Les journalistes de l’Union Internationale de la Presse Francophone de Guyane réaffirment leur solidarité à l’ensemble des salariés du groupe, notamment les confrères et consœurs.
Ces derniers sont désormais contraints de ne plus pouvoir exercer leurs métiers à l’aube de nouvelles échéances électorales, de la réforme des retraites, des grands projets de transformation de la région, de rencontres sportives et culturelles…
L’UPF Guyane demande aux autorités et aux forces vives des Antilles Guyane de soutenir ces pères et mères de famille désormais sans emploi.
Frantz Montoban
Président UPF Guyane
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L'UPF Monaco tire les rois et prépare un évènement monarchique
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La section monégasque de l’UPF a effectué sa rentrée 2020 devant la traditionnelle galette des Rois qui est également une tradition en Principauté. Un pays où s'opposent, comme dans toute la région, la "Provençale" aux fruits confits et la "Parisienne" à la frangipane. Aucune opposition en revanche lors de l’assemblée générale.
Le bureau a été reconduit en l’état et renforcé par des délégations permettant aux membres actifs volontaires d’aider la section au niveau des relations presse, de l’internet, de l’événementiel et du sponsoring.
17 personnes étaient présentes sur 18 adhérents à jour de leur cotisation: un record. Cela a permis d’adopter la transformation de nos statuts pour satisfaire aussi bien aux nouvelles normes de l’Union internationale qu’aux exigences du Gouvernement Princier. Un pas important pour obtenir une subvention à la hauteur de nos objectifs.
On les rappellera brièvement:
- soutenir dans toute la Francophonie la liberté et l’indépendance de la presse.
- agir à Monaco même à la prise en compte du rôle des journalistes
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professionnels dans le renforcement permanent de notre état de droit spécifique.
-participer au rayonnement de la francophonie avec des éditeurs, des écrivains ou des acteurs culturels de la Principauté.
- faire mieux connaître à la planète francophone les réalités de Monaco et ses spécificités comme de ses actions dans le monde relayées par la presse.
Premier événement marquant de l'année 2020: une conférence de Jean Des Cars dans le cadre de l’hôtel Méridien, organisée par l’UPF Monaco en partenariat avec le Comité d’Entraide des Français de Monaco en partenariat avec la Fédération des Groupements Français de Monaco et de la Maison de France à Monaco. L’événement est placé sous le haut patronage de l’Ambassade de France à Monaco. Pour cette année 2020, nous nous inscrivons dans un cycle "Histoire et Francophonie". La thématique acceptée par l’écrivain et biographe réputé, grand spécialiste des monarchies et auteur récemment d’une biographie référence de la reine Élisabeth II, ainsi que d’un monumental dictionnaire amoureux des monarchies. Jean Des Cars soulignera notre spécificité par la thématique: "Les Grimaldi: Une grande lignée francophone au cœur de l’Europe dynastique".
Cette conférence aura lieu le lundi 17 février à partir de 18h30; l’entrée est gratuite et l’auteur dédicacera ses ouvrages au public, que nous souhaitons le plus nombreux possible, dans le cadre bien sûr des places disponibles.
Patrice Zehr, Président de l'UPF-Monaco
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UPF Togo : De grands projets pour les professionnels des médias
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L’Union de la Presse francophone (UPF) section Togo a tenu, samedi 1er février, sa première assemblée générale statutaire, huit mois après l’élection du nouveau bureau.
Des membres de l'UPF Togo lors d'une rencontre avec le chef de la délégation de l'UE
« L’objectif de cette assemblée générale est d’asseoir de nouvelles directives pour l’UPF session Togo. Les statuts et règlements intérieurs ont été amendés et votés à l’unanimité par les participants à cette Assemblée générale. Les apports ont été riches grâces aux confrères présents. C’était aussi le moment d’évoquer les prochaines activités en faveur de la presse togolaise » a indiqué Loïc Lawson, président de l’UPF Togo.
En 2020, la section UPF-Togo renoue avec la formation, mais avec une particularité: il s’agit de faire des formations par type de média. Des spécialistes seront invités pour des échanges avec les confrères togolais des médias de la presse en ligne, la presse écrite et ceux des médias audiovisuels. Ces formations visent en particulier le management des médias. Il s’agit d’aider les professionnels du secteur à mieux rentabiliser leurs médias,
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à les rendre plus dynamiques et plus rentables.
Au-delà de ces remises à niveau, l’UPF Togo continuera ses activités sociales. Il s’agit de maintenir le cap avec la deuxième phase de l’opération « mon sang pour une vie » où les journalistes et populations donneront du sang au centre de transfusion sanguine (CNTS) pour sauver des vies.
Avec la crise climatique actuelle, le projet de plantation des arbres revient également pour une deuxième édition en 2020. Un espace de 5ha ou 3ha sera aménagé pour planter des arbres.
L’organisation d’une grande soirée de gala à l’honneur de la presse togolaise est également au programme. Elle se déroulera le 3 mai 2020 dans le cadre de la Journée internationale de la liberté de presse. L’idée est de se faire retrouver les professionnels des médias togolais autour des principes qui fondent leur métier, à savoir la liberté d’informer.
Cette soirée, qui ambitionne de réunir 300 professionnels du secteur des médias, s’annonce riche en échanges et programmes culturels. Invité de marque de cette soirée : l’Organe Togolais de Régulation (OTM) qui y présentera son rapport annuel.
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UPF Moldavie : Nouveaux partenariats privés et institutionnels
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L’UPF- Moldavie a tenu son assemblée générale le 16 janvier dernier.
Lors de cette assemblée, la Présidente de la section Viorica Zaharia a présenté le rapport d’activités pour l’année 2019. Elle s’est félicité pour le niveau d’organisation et le bon déroulement de la dernière édition du concours «Le coing d’or». Elle a souligné le très bon contact établi avec La Délégation Wallonie-Bruxelles, avec l’Alliance Française Chișinău-Moldavie et l’Antenne de Chișinău de l’AUF, qui ont offert cette année les premiers prix du concours. Une première pour l’activité de la section en 2019, l’initiation d’un partenariat avec l’Ambassade du Canada à Bucarest qui a soutenu la participation de l’ex-secrétaire général de la Fédération Professionnelle des Journalistes du Quebec M. Claude Robillard, à l’événement annuel de la Presse de la République de Moldavie, le Forum Média 2019. La section est devenue ainsi partenaire de l’événement. M. Robillard a fait une présentation sur le thème de la syndicalisation des journalistes, le modèle canadien.
Aneta Gonța, vice-présidente, a présenté le compte-rendu de sa participation aux Assises de la Presse Francophone,
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à Yaoundé (Cameroun) entre le 18 et le 22 novembre 2019. Elle a mentionné l’importance de la présence aux Assises. Dans ce contexte, un Grand reporter français, modérateur d’un des ateliers de la conférence, a accepté l’invitation de venir en Moldavie pour parler aux membres de notre section, mais aussi aux étudiants et journalistes francophones moldaves, de la liberté de la presse et de l’évolution du métier de journaliste dans le contexte des nouvelles technologies et dilemmes déontologiques.Suite à cette convention, une des priorités de la section pour 2020 est d’organiser, avec le soutien de nos partenaires, l’événement avec la participation du journaliste français à Chișinău.
Dans le même contexte, la vice-présidente a présenté le bilan de la collaboration avec plusieurs institutions nationales et internationales durant l’année 2019, en soulignant également, le partenariat établi entre la section moldave de l’UPF et le Ministère des Affaires étrangères et de l'Intégration européenne de Moldavie, qui s’est montré ouvert à nous faciliter l’accès aux informations liées au Pacte linguistique et aux activités concernant ce document.
Silvia Grossu a rajouté que la section a eu une très bonne collaboration avec la Faculté de Journalisme et des Sciences de la Communication qui a accueilli la XIIIème édition du concours «Le coing d’or». Récemment, le 14 août 2019, à Genève, deux membres de la rédaction du «Courrier de Moldavie» ont eu une rencontre avec le président de l'Association internationale «Les amis de Nikos Kazantzakis», Monsieur Georges Stassinakis.
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UPF Suisse : Romaine Jean succède à Jean-Pierre Molliet
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L’assemblée générale de la section suisse de l'UPF s’est déroulée le 13 décembre dernier à Yverdon-les-Bains, en présence de son président d’honneur Daniel Favre. Elle a été marquée par la passation de pouvoir entre Romaine Jean et Jean-Pierre Molliet qui avait demandé le non renouvellement de son mandat après quatre années passées à la tête de l’association.
Romaine Jean est une journaliste ayant passé par la presse écrite, la radio et la télévision. Elle a notamment dirigé la rédaction « Société » de la Radio Télévision Suisse et chapeauté les documentaires ainsi que les magazines TV et radio.
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Elle est pour un temps encore présidente de la Fondation Hirondelle, cette organisation de journalistes présente, via les médias, dans les endroits sensibles de la planète.
L’assemblée a adopté de nouveaux Statuts conformes à ceux acceptés par l’UPF lors des assises de Yaoundé. La recherche de fonds est une des priorités à court terme avec la restructuration du comité qui passe par la mise sur pied de trois groupes de travail. Assurer la pérennité du site « francophonie.ch » mis en place par Alex Décotte fait également partie des tâches programmées ces prochains mois. Jean-Pierre Moliet a répondu au vœu de la nouvelle présidente: il la secondera, au plus tard jusqu’à l’assemblée générale de l’automne 2020.
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UPF-Comores : Relance des activités
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Au cours d'une mission de formation aux Comores, Jean Kouchner, vice-président international de l'UPF, a rendu une visite de courtoisie à la section comorienne.
Avec le bureau de la section, son Président Toufé Maecha et Faiza Soulé Youssouf, ancienne présidente, ils ont échangé sur les perspectives de développement de la section, les difficultés rencontrées, les projets à monter...
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Créée en 2016, à la faveur d’une mission du bureau international, la section planche sur un programme concret d'actions à mettre en place dans les mois à venir pour se mettre au diapason.
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Chronique de Pierre Ganz :
Algorithmes et déontologie
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Les algorithmes sont là. Ils contrôlent la diffusion de la production des journalistes sur les réseaux sociaux. Ils sont aussi désormais au cœur du processus de production des contenus. L’intelligence artificielle devient un partenaire quotidien des équipes de journalistes. A elles de lui imposer le respect des normes déontologiques.
Le nouveau collègue des journalistes s’appelle souvent “Bot”. Un diminutif pour “bot news” ou mieux encore “robot générateur d’informations”. Ils sont de plus en plus nombreux dans les rédactions pour y faire de plus en plus de choses. Les journalistes y gagnent en étant déchargés de taches répétitives et chronophages. Les promoteurs des robots affirment que cela dégage des effectifs de journalistes pour enquêter sur le terrain sur des sujets plus complexes. Que cela n’a pas d’incidence sur l’emploi des humains. L’avenir dira si cela se confirme…
Des algorithmes analysent par exemple des millions de tweets pour détecter une information originale. C’est ainsi en 2017 que l’agence Reuters a été alertée sur l’assassinat de la journaliste maltaise Daphné Caruana Galizia à partir de tweets relevés sur des comptes locaux. D’autres encore sont capables de personnaliser l’offre de contenu pour chaque lecteur en ligne en fonction des informations recueillies sur ses centres d’intérêt et ses habitudes, mieux, d’adapter la page d’accueil du journal qu’il consulte.
D’autres apprennent à sélectionner et recouper des informations pertinentes*. Lors dune soirée électorale en France, un bot a pu décrire en une nuit le résultat des élections commune par commune (il ya en 36 000 en France…) en créant automatiquement des textes qui proposent une présentation plus analytique des résultats que des données chiffrées brutes. Ailleurs, plus aucun match de football n’est privé de compte rendu : à partir des données statistiques sur la rencontre, un robot va la raconter en bon français à partir d’un corpus de phrases, d’expressions et autres formules journalistiques. Le tout dans les minutes qui suivent le coup de sifflet final. Sans oublier des utilisations de ces robots dans le domaine financier - présentation de cours de bourse ou analyse de résultats d’entreprises. Ou encore la conception d’une infographie informative à partir d’une base de données.
Tout cela suppose que les journalistes connaissent la source des données exploitées et s’assurent qu’elles ne comportent pas de biais. Pour Luc Bronner, le directeur de la rédaction du Monde, « il faut être sûr de la nature des données et il faut qu'elles aient un sens instantané, sans jugement de valeur ni analyse» .
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Pour la première fois, un conseil de presse, le Conseil des médias de Finlande,s’est penché sur l’impact éthique de ces technologies. Après plusieurs mois de réflexion, il a récemment publié une recommandation sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les rédactions**. Elle repose sur deux principes : les journalistes ne doivent jamais perdre la main sur ce que fait l’algorithme, et le public doit être informé de son intervention.
Concrètement, la décision d’utiliser ces outils doit être fondée sur des considérations journalistiques. Elle relève de la rédaction en chef, jamais uniquement des services informatiques et/ou marketing d’un média. Les développeurs doivent respecter les lignes directrices définies par la rédaction. Si le programme est développé à l’extérieur de l’entreprise, des journalistes doivent être associés à l’approbation de ses règles opérationnelles. Il est donc nécessaire que les rédactions comptent dans leurs rangs des journalistes ayant les compétences techniques pour comprendre ce qui est demandé à l’algorithme et ce qu’il fait.
Lorsque le contenu d’un média a peu ou prou été généré et publié automatiquement, il faut en informer le public. Il faut lui indiquer quelles sources (base de donnée par exemple) a été exploitée par l’algorithme. Dans le cas d’un outil qui permet de personnaliser le contenu ou la présentation d’une page, la transparence commande d’informer clairement le public de la collecte de données le concernant à des fins de ciblage.
Faire découvrir au lecteur un sujet inattendu, qui ne relève pas de l’analyse de ses visites précédentes, est au cœur du rôle du journaliste, vigie désintéressée qui alerte sur ce qui est nouveau et fait sens. Dans tous les cas, la rédaction doit donc pouvoir reprendre le contrôle de ce qui est publié, par exemple quand elle estime que s’impose une autre hiérarchie de l’information que celle proposée par la machine.
Le conseil des médias de Finlande conclut sa recommandation est soulignant que le «pouvoir du journalisme dans le soutien d’une société démocratique est fondé sur les divers points de vue qu'il offre sur le monde». Et donc que les outils algorithmiques doivent être utilisés pour « garantir l’accès du public à des informations diversifiées».
Pierre Ganz
* https://up-magazine.info/index.php/societe/societe-information/29134-information-vs-algorithmes/
** http://www.jsn.fi/en/news/statement-on-marking-news-automation-and-personalization/
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Chronique de Jean-Claude Allanic :
Ok, Boomer !
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Au risque de passer pour "un vieux schnok" - expression bien moins à la mode qu'ok boomer - j'ai du mal à me faire à tous ces barbarismes à la mode et à ce salmigondis journalistique qu'il faut désormais démêler avec son petit Robert ou son petit Harrap's à la main.
Du côté des nouveaux barbarismes, la palme revient ce mois-ci à la "giletjaunisation" de la société française. Un peu difficile à prononcer, le mot n'aura sans doute pas le même succès que le verbe "impacter" mis désormais à toutes les sauces.
Sur le front des angliscismes, c'est toujours la bérézina pour le français. Je veux bien que Greta Thunberg (la "globe trotteuse" du climat) veuille répondre, selon "l'Obs", à ses "haters". Mais cela m'échauffe les oreilles que l'hebdomadaire que j'ai vu naître (on ne disait pas, à l'époque, "news magazine") cède aussi facilement à l'air du temps. Pourquoi ne pas utiliser au lieu de "haters" des mots français qui existent comme, par exemple, "détracteurs", "ennemis", "opposants", "accusateurs", "adversaires", "dénigreurs", "éreinteurs", "censeurs" ou "contempteurs"? Incommensurable paresse intellectuelle ou profonde ignorance de la richesse de notre langue?
Il reste, heureusement, un domaine, celui de la politique, où le choix des mots bien français reste un art -certains diront l'art de faire prendre des vessies pour des lanternes. Notre langue retrouve alors toutes les nuances de son vocabulaire. Et surtout, toutes ses définitions plus ou moins ambigües* qui permettent de dire les choses tout en ne les disant pas franchement. Ainsi, à propos de la polémique franco-française sur la réforme des retraites, que de temps passé sur les antennes à gloser sur "l'âge pivot" et "l'âge d'équilibre". Cherchez la différence ! Comme le faisait remarquer, à la radio, une consœur élevée aux mamelles de la France : "c'est vachement compliqué". Enfin une analyse pertinente !
Je suis plus compréhensif pour les confrères du "Figaro" qui ont dressé le portrait d'une "startuppeuse".
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Qu'aurait-il fallu écrire ? Portrait d'une chef(fe) d'une jeune pousse ?
Ou portrait d'une entrepreneuse à la tête d'une entreprise innovante en démarrage ?
Dans ces cas-là, j'ai l'habitude de me tourner vers des confrères québécois. Voici la réponse d'un ancien médiateur de radio Canada: "Je n'ai jamais vu dans "Le Devoir" ou "La Presse" l'utilisation des mots «startuppeuse» ni «startuppeur». Il n'est même pas commenté sur le site de l'Office de la langue française du Québec ! Je ne l'ai non plus jamais entendu dans une entrevue** ou une conversation ! Par ailleurs, le mot «start-up» est considéré comme un anglicisme, et on suggère plutôt «entreprise en démarrage» ou «jeune entreprise».
Dans la même veine québécoise, on a pu entendre récemment le premier ministre canadien Justin Trudeau déplorer "l'écrasement" de l'avion ukrainien à Téhéran. De notre côté-ci de l'Atlantique, on a l'impression que c'est notre français qui se "crashe" - ce qui est, certes, sans commune mesure avec des pertes humaines.
Et pendant ce temps-là, on distribue en France des "flyers" pour informer sur le coronavirus, les pages littéraires des quotidiens nous conseillent les "page turners" du moment et les meilleurs journalistes font la chasse aux "fake news" en "checkant" à tour de bras.
Pour terminer sur une note plus positive, j'ai retrouvé un dessin du Belge Geluk qui faisait dire à son célèbre chat, lors du sommet de la francophonie de 2018:
"J'aime la lettre M parce qu'on prononce Aime.
Je n'aime pas la lettre N parce qu'on la prononce Haine
Mon Dieu que notre langue est riche !
J'en suis sur le Q".
* Extraordinaire ambiguïté de ce mot qu'on peut écrire au féminin aussi bien avec un tréma sur le u que sur le e.
**On aura compris que notre confrère veut parler "d'interview".
jcallanic@gmail.com
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Canada-Journalisme:
Un labo pour les étudiants
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Le journal d’Ottawa-Gatineau Le Droit créera, avec le collège La Cité, un laboratoire de journalisme. Le partenariat contribuera à former des étudiants en journalisme tout en aidant Le Droit à mieux couvrir l’Ontario français. Le Lab Le Droit à La Cité deviendra «un espace où étudiants, professeurs, chercheurs et artisans du journal se côtoieront quotidiennement pour apprendre, partager et développer de nouvelles connaissances liées au milieu de l’information».
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France Télévisions :
Engagement pour les jeunes
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Le groupe France Télévisions a annoncé la création de la Fondation « Engagement Médias pour les jeunes ». « En regroupant pour la première fois trois acteurs majeurs de l’audiovisuel public, la nouvelle Fondation s’engage à soutenir des projets et actions contribuant à l’inclusion des jeunes en situation de fragilité via l’audiovisuel, le numérique, les médias et la culture », indique France Télévisions.
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Mondoblog :
Un concours pour blogueurs
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Mondoblog, la plateforme des blogueurs francophones de RFI portée par "L’atelier des médias", vient de lancer la nouvelle édition de son concours visant à recruter ses nouveaux membres.
La communauté compte déjà 750 mondoblogueurs présents dans 70 pays.
Ouvert à tout le monde francophone, cet appel à candidatures dure un mois (Clôture le 1er mars 2020). Il s’adresse aussi bien aux blogueurs expérimentés qu’aux débutants.
Les candidat(e)s peuvent s’inscrire sur le site: concours.modoblog.org.
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Les étudiants seront confrontés à la réalité des professionnels œuvrant dans un grand journal
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Objectifs : promouvoir la culture citoyenne et l’égalité des chances, lutter contre la déscolarisation et l’exclusion et développer l’expression écrite et orale, l’éloquence et la confiance.
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Pour participer, le candidat doit joindre au formulaire en ligne une production personnelle (texte, dessin, vidéo, photo, audio…), en respectant cinq critères de sélection (syntaxe, orthographe, narration, créativité, et présence sur les réseaux sociaux).
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