BULGARIE - A Sofia, des représentants de médias européens appellent l’UE à faire de la liberté de la presse une priorité

publié le 4 juin 2018

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Au cours d’une conférence consacrée aux médias qui s’est déroulée en marge du sommet UE-Balkans, les participants ont rappelé que l’affaiblissement et la perte d’indépendance des médias européens représentaient un danger pour la démocratie. Ils ont également publié une « déclaration de Sofia », dans laquelle ils exhortent l’Union européenne à faire de la défense de la liberté de la presse une de ses priorités.

Les journalistes, éditeurs de presse, mais aussi ONG et membres du parlement européen qui représentaient les différents secteurs de l’industrie à l’échelle européenne à la conférence de Sofia ont dénoncé des pressions politiques de plus en plus intenses contre les médias et des tentatives de prises de contrôle des médias publics par certains dirigeants dans plusieurs pays d’Europe comme la Bulgarie, la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie ou la Serbie. Ils ont également mis l’accent sur la durabilité des modèles économiques de ces médias et les défis associés à la transformation numérique des médias traditionnels.

L’érosion du modèle européen, une tendance perceptible ces dernières années, se poursuit et devient de plus en plus inquiétante. L’environnement de travail des journalistes, traditionnellement sûr en Europe, s’est nettement détérioré avec deux meurtres, des pressions renforcées sur des journalistes d’investigation et des attaques verbales sans précédent contre la profession qui ont ébranlé la région.

Les développements récents dans plusieurs Etats européens violent clairement le droit national et international en matière de liberté de la presse. L’UE et le Conseil de l’Europe ont établi des procédures juridiques pour protéger la liberté d’expression devant la Cour de justice de l’Union européenne et la Cour européenne des droits de l’homme. Néanmoins, ces structures sont insuffisantes pour défendre et faire respecter les valeurs et les traditions constitutionnelles du vieux continent.

"Les meurtres de journalistes ou les menaces contre leur intégrité physique, les pressions politiques et institutionnelles croissantes, des législations répressives envers les médias, le défi des nouvelles technologies ainsi que la crise financière…
La combinaison de ces différents facteurs mettent en péril l’existence de nombreux médias dans l’UE ”, constate Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de RSF.

Vingt et un ans après la déclaration de Sofia de l’Unesco, qui en 1997 énonçait déjà “qu’une presse libre, pluraliste et indépendante est une composante essentielle de toute société démocratique", les participants ont élaboré une nouvelle déclaration qui identifie plusieurs mesures pratiques destinées à empêcher le déclin des médias européens :

La mise en place de nouvelles règles proposées par la Commission européenne qui verraient la distribution des fonds de l’UE liés au respect de l’Etat de droit dans chaque pays et qui devraient également inclure des indicateurs pour la liberté des médias. À ce stade, la proposition de l’UE de lier le financement de ces subventions au respect de l’Etat de droit est trop limitée et ne mentionne pas explicitement la liberté de la presse comme précondition nécessaire à la réception de financement européen.

Il faut développer des mécanismes assurant un financement durable des médias. La déclaration de Sofia préconise la création d’un fonds en faveur des médias pour aider les acteurs du secteur et les éditeurs à intenter des actions en justice contre les abus de pouvoir des gouvernements et à financer des rapports et des enquêtes internationaux.

L’Europe doit garantir plus efficacement les droits d’auteur, moderniser les règles liées à la TVA, et procéder à une réforme de la protection de la vie privée des usagers d’Internet. Les décideurs européens doivent en particulier soutenir les droits des éditeurs dans le cadre de la réforme du droit d’auteur afin d’améliorer les conditions de concurrence avec les principales plateformes numériques telles que Facebook et Google et aider celles-ci à respecter le droit de la propriété intellectuelle déjà existant.

La nouvelle déclaration est un document qui a vocation à être actualisé au fur et à mesure de l’évolution de la situation dans la région.

Source : RSF

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